Vendredi 3 juillet 2009

En ce moment j’ai un goût d’inachevé dans la bouche, la sensation que la vie est trop flexible et qu’y inscrire ses actes devient aussi inutile qu’illusoire. C’est pourtant ce à quoi j’aspire, éprouver la sensation de s’approprier le monde par le geste et le mot qui l’accompagne. Mais j’ai la sensation que mes gestes restent lettres mortes, un coup d’épée dans l’eau. Une curieuse impression terriblement frustrante. Alors comme un remède absurde je voudrais que tout ce joue sur un coup de dé, rien ne va plus les jeux sont faits ! tu gagnes, tu perds et puis plus rien, tu passe à autre chose, action suivante.


C’est ce que je voudrais ; que tout ce joue dans le hasard, sans filets, sans seconde chance, sans possibilité de revenir en arrière, je voudrais vivre sur le fil du rasoir plutôt que de suivre celui du destin. J’aimerai derrière mes mots avoir l’impression que mes choix sont aussi définitifs qu’irrévocables, que mes paroles, mes gestes et mes actes, s’inscrivent dans la vie sans demi-mesure. Pas tant que mes choix soient radicaux mais que leurs conséquences soient irrémédiables. Que ce soit en amour ou en amitié et plus vastement dans les relations sociales qu’aucuns mots ne soient lancés à la légère et que chaque parole inscrite dans un acte soit déterminante. Je voudrais connaître l’ivresse de l’adrénaline quand chaque instants est un moment unique ou se joue une partie de ta vie. Moment unique dans le sens où il ne se rejouera pas et que ta réaction face à lui va déterminer la suite. On verrait alors des couples exploser pour un pour un mot de travers ; les amitiés se faire et se défaire au grès des mots ; et je suppose qu’on verrait les gens conquérir la pensée pour conserver leurs liens.


Je sais bien que c’est enfantin comme vision, pas enfantin comme facile mais enfantin comme puérile mais ce soir je m’y accroche à cette envie que nos vies soient fidèles à des valeurs avant de paraitre vivante et qu’aucune entorse à ces valeurs soit tolérable. Mais ce n’est pas le cas, on peut tout dire et son contraire, on peut avec une seule et même personne se moquer, se montrer agressif et puis aimer, se faire aimer et donc séduire puis rejeter et mépriser jusqu’à aimer encore et câliner, caresser, abonder puis critiquer, abonder et critiquer, on peut sans craindre les conséquences se montrer volage vis-à-vis de soi et de nos valeurs car tout est en rhétorique, en justification et en acceptations. Au lieu de cela ce soir j’ai envie d’une société qui donne une prime à ceux qui sept fois tournent les mots dans leur tête avant de les dire, une société qui valoriserai celles qui savent peser le poids des mots qu’elles emploient, abolir le bazar postmoderne et rentre une place dominante à l’acte réfléchit. Je voudrais que nos mots s’inscrivent dans la roche, comment ils nous inscrivent au registre d’une culture. Je rêve de réussir à dire le bon mot au bon moment, savoir dire la parole d’un instant décisif.


Je dois me tromper, je dois me perdre dans mes mots. Tout le monde parle, tout le monde brasse du vent et quand la doxa fait le bruit de fond chacun parle à tord et à travers. Pourquoi se priveraient-ils ? Pour eux c’est sans risques, la parole est sans effets et tous les mots sont galvaudés. J’ai envie de dire – à tord ou à raison – que les actes sont déconnectés du sens, la parole déconnectée de la pensée, la pensée déconnecté du langage, il n’y a plus de hiérarchie ni de logique ; tout est là en même temps, un malstrom informe qui neutralise le radicale. Et ce soir je me noie dans le bruit de fond, je me débats pour espérer laisser une empreinte dans le réel, je cherche mes mots mais à quoi bon ?


Je veux du sens dans mes mots, je veux du sens dans mes actes, du définitif, du radical. Je voudrais que chacun prenne la responsabilité de ses actes, de ses paroles, de ses pensées, finalement de toutes les expressions de son existence. Et pour moi être responsable de ses mots c’est en assumer les traces qu’ils laissent dans le réel, leurs effets sur monde, la manière dont ils affectent les personnes. Oui je sais que c’est stupide, c’est paradoxale puisque je viens de défendre que nos actes ne s’inscrivaient plus dans le réel. Mais tout est là. C’est injuste, il y a ceux qui font l’effort de peser la portée des paroles et des actes et il y a ceux qui s’allègent de cette tâche. Mon utopie et pathétique, adolescente et naïf mais elle a le goût de ma mélancolie. Et ce n’est peut être pas un hasard si j’ai de plus en plus la fascination du tatouage, de ce geste qui marque de façon définitive le corps de l’expression de l’esprit.

Par remy - Publié dans : # Espace intérieur
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Vendredi 3 juillet 2009
Est ce que j'ai le droit de parler de l'anorexie de manière frontale, en ai-je la légitimité surtout ?

Parce que cette maladie je ne la connais qu'empiriquement par l'empathie et la réflexion mais à aucun moment je n'ai connu l'anorexie dans ma chaire, mon corps et mon esprit. Il va de soi que je n'en fais pas l'apologie j'en suis bien incapable parce que même si je ne les vis pas moi même je connais les ravages de cette maladie. Je première fois que j'ai connu l'anorexie c'était par hasard évidement, ma petite soeur, je ne savais rien de cette maladie mais j'ai vu et vécu ses effets au quotidien pendant un certain temps. Quelques temps plus tard dans un hasard récurant l'anorexie à croisé ma route une deuxième fois, cette fois elle a frappé une amie proche et j'ai pu commencer à mettre des mots dessus. Ensuite le hasard de la vie se mu en déterminisme ou en choix inconscients et à plusieurs reprise je me suis surpris à poser mon attention et mon amitié auprès de jeunes filles atteintes de trouble du comportement alimentaire.

J'ai parlé avec elle, je les ai écouté, je les ai vu souffrir, je les ai vu vivre pour se survivre, se battre pour s'en sortir, céder au désespoir, baisser les bras et encore se battre pour se sauver, se sortir de cette maladie. J'ai vu l'enfer que c'était d'être anorexique, les angoisses de ce corps trop gros mais trop maigre, l'obsession des chiffres le poids, les calories, la façon dont la maladie phagocyte la pensée et étouffe l'esprit. J'ai vu tout cela, les jours de jeûnes, les bracelets rouges, les bourrelets imaginaires, la solitude quand il faut vomir, le dégout de soi, la honte, la peur, les crises d'angoisse quand on ne peut pas vomir, j'ai aussi connu la frustration et la souffrance de ceux qui sont en dehors de la maladie, ceux qui voit souffrir les personnes qu'ils aiment sans parvenir a les sauver, à les aider comme ils le voudraient.

Alors oui dans un sens cette maladie fait partie de ma vie parce qu'elle a une place certaine dans mon histoire mais est-ce que cela suffit à légitimer que je parle de la maladie sans le recule des mots et des métaphores ? J'ai peut être approché la maladie mais je n'ai jamais vu que des personnes devant moi, des jeunes filles, des amies, des proches. J'ai vu des gens malades, j'ai vu des symptômes, des personnes qui souffrent mais toujours des êtres humains, j'ai vu la femme derrière l'anorexique, la personnalité entre les mots qu'on s'envoi, l'être derrière la maladie.

Finalement je n'ai pas envie de répondre à la question de ma légitimité ; en fait quand j'écris à Ana, quand je reprends cette forme un peu désuète de correspondance avec l'allégorie qui est au coeur de la mythologie postmoderne anorexique ce n'est pas pour être raisonnable et apporter des réponses aux maux de la maladie. Non c'est une façon d'exorciser mes peurs à moi, ma frustration, ma colère, parce que je ne suis pas encore assez fort pour dire frontalement, mange, mange parce que j'ai peur pour toi, mange parce que j'ai peur que tu meurs, dire que je suis frustré de ne pouvoir l'aider. Et puis cette maladie a tendance à prendre toute la place dans la tête des anorexiques, elles même le disent, et finalement parler à Ana plutôt que de leur dire directement à elles c'est un peu comme rejouer cette maladie. Je suis profondément désolé d'avoir fait souffrir avec mes mots, je vous demander sincèrement de me pardonner même si je recommencerai parce que j'aurai encore besoin d'exorciser ces maux anorexiques.

Merci de votre compréhension
Par remy - Publié dans : # Lettres à Ana
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Mercredi 1 juillet 2009

Ana-belle, ma belle ana-morphose, infatigable sale petite chienne de garde collée au corps du délit, toi l'inusable salope au grand écœurement le corps vide l'esprit avide, le temps passe et il ne délasse toujours pas les liens qui nous unissent.

C'est un fait, toi et moi nous sommes encore là, toi l'ana-bstraite ana-tomie de la maigreur et moi, et moi qu'est ce que je suis moi ?

Toi la belle parabole animée, la métaphore à qui j'écris, je cris et dicte mes pensées de rage et plaisir mêlé, Ana-nonyme perversion qui hante et habite le corps et l'âme, la perverse maitresse qui pousse ses amantes sur le trottoir à la torture de la tournure des événements tu sais que je t'aime parce que je te déteste. Et tu en joue en plus, tu en jouie aussi faisant de moi l'amant de l'ana-lcaline petite poupée aux gestes mécaniques et au cœur nucléaire, ana-lgorithmique poupée pantin montée sur pile ana-tomique explosant en ravage longue durée et dégâts expodentiels. Tu me mens, tu me manque, tu me meurs aussi un peu parfois mais tu demeure là, en elles, à meurtrir, à mentir, en ana-mazone sauvage, cérébrale et cruelle, ana-moncellement de corps tiraillés, torturés, transfigurés, toujours femmes, filles, enfants, tout en failles, en fissures, en cicatrices, ana-ffrontement perpétuelle, ana-ffolement préambule, ana folie, pas du tout. Ana-pôtre sans prophète tu séduis et tu rassure et tu t'insinue au dedans jusqu'à demeure, barricadant la porte calfeutrant les fenêtres, tu enferme entre tes murs celles à qui te fais miroiter le vide comme solution en enfermant tes princesses dans des tours d'ivoire, défense d'entrer, sauf sous les jupes - c'est portes ouvertes. Ana-ristocrate décadente mère macarelle aux mœurs dévoyée ; la pureté en vitrine, la blancheur de l'happeau, la carnation toujours plus dévoilée, ana-bolition de l'esprit critique, donner leurs corps et garder tes distances. Tu collectionne les princesses, ana-ssurance d'une descendance, d'une dépendance, tu seras pas seule mais se seront pas celles qui récolterons les fruits de ta solution. Ana-rriviste tu rentre en guerre, tes princesses ont le ventre vide et l'esprit à vif trop, elles préoccupées à ne pas mourir, à ne pas pourrir, à ne pas devenir des dames, ne pas devenir des drames, ne pas défaillir, ne pas céder, à quoi ? elles même ne le savent plus, ne pas mentir, ne pas manger, ne pas mourir, ne pas blesser, à part soi, ne pas cesse et se battre, contre qui, toi ? moi ? le monde et les maux ? le vide ? le vent ? leur ventre vide ? la taille 36 ? 34 ? 32 ? moins encore ? mais encore ?  quoi bon les mots ? Je parle des mien, ana-pologie de l'amère, ana-pologie du plaisir, ana-pologie de la guerre faite à soi même, ana-arcane du monde tu me fascine et me fissure et moi, moi je t'écris.

Par remy - Publié dans : # Lettres à Ana
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Jeudi 18 juin 2009

Ça a commencé il y a longtemps devant un ordinateur, un vieil ordinateur avec juste un traitement de texte et un écran défraichi. A cette époque je n’étais personne, un personnage silencieux et invisible, inconnu des autres et ignoré de soi. L’ordinateur était là, improbable trouvaille qui trôner sur mon bureau sans que je ne parvienne à en débusquer le sens ; je devais même éprouver une forme de timidité devant cette machine inerte. Elle était bonne à quoi ? Et moi je devais être bon à rien. Et puis ça à fait sens en moi, comme émerge une pulsion au milieu de la conscience, comme une évidence qui soudain s’impose, écrire ; pas de la littérature mais quelque chose qui avait l’intuition du journalisme, de la feuille de choux, du fanzine, du prospectus, du tract, l’intuition de l’écrit un peu sauvage qu’on jette à la face du monde et du lecteur. C’est né ainsi ; un après midi d’été avec quelques amis pour se donner le prétexte du jeu et passer à l’acte. Mes premiers mots écris, ils sont vaguement engagés et surtout absurdes mais ils ont déjà le souci de s’agresser au lecteur, de s’adresser sans violence mais avec insistance à la personne humaine. Cette feuille A4 noircie recto-verso de notre prose adolescente s’appellera Tran’quille Emyle et bien entendu la signature est anonyme. Après que quelques tirages soient sortis de l’imprimante on attend que la nuit soit tombée et on se glisse dans les ruelles du village et déposer ce que l’on appelle notre « journal » dans les boites aux lettres, sans quoi le geste d’écriture n’aurait pas été abouti. Les jours suivants nous espérons des réactions sans qu’elles ne viennent alors nous recommençons. Cette fois nous sommes moins nombreux, ça doit être moins amusant pour les autres, reste pourtant les mêmes gimmicks dans la même prose, la même expédition nocturne, la même attente. Et rapidement je me retrouve seul, comme je l’ai toujours été au fond, seul devant le clavier, seul derrière les mots, seul à noircir l’écran d’une écriture nocturne qui n’est jamais automatique mais toujours inspirée, je suis pris au je. Sous couvert d’une signature inconnue moi l’éternel introverti abonné au silence je fais l’apprentissage farouche et empirique de la parole écrite, de ces mots que l’on dit en les puisant en soi. C’est apprendre à écrire, dans tous les sens du terme, apprendre le goût âpre de l’écrit quand celui-ci se fait pamphlet ou expression satyrique, la saveur enivrante d’une prose qui se fait insoumise et exacerbée quand l’emphase enivre ou qu’un monologue bien calibré touche en plein cœur la cible que l’on se fixe. Je continu ainsi de nuit en nuit avec pour cœur de cible un minuscule lectorat à dérouler le fil de ma pensée à fleur de peau. 


Je suis un lycéen de 15 ou 16 ans définitivement introverti, timide, seul, silencieux et solitaire et quelques fois malmené par la bêtise de ses congénères. J’ai pour moi cette écriture nouvellement acquise comme un sport de combat, un salvateur exutoire. Un jour de terminale un prof fait circuler une feuille où l’on doit inscrire nos adresses pour je ne sais plus quelle raison sans importance. Je suis au fond de la salle, seul à ma table. Quand la feuille arrive tout le monde l’a remplit, et dans un étonnant réflexe je décide de noter ces adresses, pas toutes mais celles de ceux qui m’inspirent le plus de ressentiments et celle de celle qui m’inspire le plus de tendresse. Je sais dès lors que je tiens mon nouveau lectorat. Je trouve vraiment excitante l’idée de pouvoir enfin puiser dans les ressentiments, les rancunes, la rancœur et l’amertume que j’ai à leur égare l’inspiration des textes que je m’apprête à leur écrire. Je peux enfin m’attaquer à mon lectorat de front, de plein fouet, avec les mots aiguisés, la parole acerbe et le confort d’un l’anonymat. Prendre soin de poster les lettres depuis des bureaux de poste lointains ne pouvant rien révéler de moi et attendre les réactions. J’attends une semaine, deux semaines, sans déceler de réactions, sans surprendre de remarques chez ceux que j’ai choisie. Je recommence, je continu, je persévère, un nouvel envoi puis un autre encore, je continu parce que je sais qu’ils me reçoivent même s’ils ne disent rien et cette idée simple d’écrire à des gens que je fréquente irrigue mon imaginaire. Jusqu’au jour où une de mes cibles parle, elle explique qu’elle reçoit de drôle de lettre et se demande si c’est quelqu’un de la classe qui envoie cela. A partir de là tous ceux qui reçoivent mes écrits se dévoilent et débute la traque, la recherche de l’auteur. Moi je deviens une sorte de corbeau, je découvre le plaisir de jouer avec mes lecteurs, avec les fausses pistes, avec les sous entendu et bien sûr le mensonge. Pouvoir voir les effets que provoquent mes mots m’enivre, assister à ces discussions qui essaient d’analyser, de dépecer ma prose pour y déceler un indice et jouissif, je suis plus fort qu’eux, ils ne me trouveront jamais. D’ailleurs Je n’ai pas trop à mentir, on ne me soupçonne quasiment pas. Tran’quille Emyle devient le sujet récurant de toutes les discussions et j’aime ça, j’adore, alors j’intensifie les envoies et emmène mes mots toujours plus loin pour espérer faire mouche, faire trembler et ébranler l’ordre établit, ébranler leurs habitudes, ébranler leurs certitudes, ébranler leurs faux semblant. Cela durera ainsi jusqu’à la fin de l’année sans que je ne me lasse, sans que l’on me découvre.


Viendra l’été, le silence, puis une nouvelle vie, l’université, la cité U et de nouveaux amis. Mais j’ai pris aux lettres anonymes, je me débrouille très vite pour récupérer des adresses et je redeviens corbeau cette fois si un peu moins virulent mais plus amoureux, moins enragé mais plus engagé et toujours anonyme. Et toujours le plaisir de jouer avec les lecteurs, se dissimuler, les manipuler toujours se rapport de force, toujours ce ils ne me trouveront jamais. Je deviens accros, capable de faire une heure de route pour poster mes lettres d’une autres villes et brouiller les cartes, capable de faire une heure de route pour rentrer chez moi écrire une nouvelle lettre et refaire une heure de route pour rejoindre ma chambre d’étudiant prenant soin d’envoyer mes lettres. J’aimais assister aux remous des mots dans le réel, observer la façon dont ils pénètrent les gens et agitent l’espace et le temps. Je resterai silencieux et anonyme jusqu’à la fin de l’année, jusqu’à la dernière nuit du dernier jour où je glissais une dernière lettre sous la porte de ma lectrice favorite dévoilant mon identité puis je disparaissais sans n’avoir plus jamais de nouvelles.


Je restais ce garçon silencieux, solitaire et introverti qui s’il n’avait pas eu la verve de ses paroles écrites contre des auditoires qu’il jugeait hostile ne se serait jamais exprimé. Mais le goût de l’injustice et la sensation romantique de se trouver seul contre tous alimentait mes mots d’une inspiration brulante. L’idée de confronter mes mots à un auditoire possiblement hostile s’enflammait sans demi-mesure. Arrêtant mes études pour une année sabbatique c’est l’époque où je découvrais internet. Après avoir apprivoisé la machine ordinateur, cette caisse vide qui résonnée de mes écris je découvrais un média dont j’ai eu rapidement l’intuition qu’il serait le terrain de jeu idéal pour mon exploration personnelle et intime de l’écriture viscérale. Le crépitement du modem 56k m’a rapidement conduit à écumer les tchats d’AOL non pour y discuter mais pour y voler des adresses mail, les copier, les piocher au hasard dans la foule des internautes pour me constituer un carnet d’adresse d’anonymes tous potentiels lecteurs de ma prose. Je me suis alors mis à envoyer mes textes comme cela, par envoi groupé, dix, vingt, cinquante, cent personnes, parfois plus, je balancer mes mots comme des pavés dans la marre du virtuel et là ce qui était bien c’est que dans le nombre il y avait toujours des personnes pour répondre. Mes mots trouvaient écho et pouvaient rebondir. Bien sûr dans le nombre il y avait toujours des mécontents, des cons, avec qui les insultes fusées mais il y avait aussi des personnes exceptionnelles pour des échanges enflammés. Parfois mes lettres anonymes se sont mues en correspondance privée, passionnée, enflammée et amoureuses mais je ne cessais pas de lancer mes mots sur la foule. Tant et tellement que plusieurs fois j’ai été puni par AOL qui m’accusait de faire du spam, du vulgaire spam, alors j’essayer de tricher, multiplier les comptes, morceler mes listes d’envois, pourtant j’ai fini par être radié mais ça n’a pas éteint ma flamme lyrique, mon envie pour la littérature de clavier, ma passion ces mots à la frontière de l’intime, de la discussion, du discourt, de la rhétorique, de l’emphase déclamative et du pamphlet instinctif, viscéral, irréfléchi. Presque plus que le plaisir de l’écrit c’est l’impatience des retours, des réactions qui m’animait, c’est l’échange, la confrontation de la parole face à la diatribe de la foule, le mot écrit, pensé, pesé, posé face aux ambages de la doxa. Il n’était pas question de réseau social comme maintenant, non c’était la foule, l’arène, la place publique, c’était le chaos, la guerre, la jungle, le paradis et l’enfer, c’était vivant, vivace, coriace, terriblement stimulant, c’était l’inconnu, la découverte, le temps des possibles et le temps des illusions à échafauder ou bien détruire selon de quel coté des mots j’étais. Et puis le temps, et peu à peu j’ai cessé de larguer mes mots dans le hasard. Je n’ai jamais tout à fait cessé c’est juste devenu plus rare puis ensuite se ne fut que pour des amis, des connaissances, des personnes consentante pour recevoir ces proses, mail collectif, à demi enflammé, à demi destiné mais toujours désireux d’une réponse, d’une réaction.


Et puis voilà vient les blogs, pas ce blog en particulier mais les blogs, puis mon premier, avec l’envie de retrouver les mêmes sensations que celles que j'avais quand je lançais mes mots à l'abordage de la foule, le plaisir de publier face aux inconnus, alors y’a eu un blog sincère et naïf avec la même prose mais pas dans le même contexte et puis j’étais devenu parlant, vivant et vivace, les mots n’avaient plus la même fonction, moins instinctifs et puis désireux de reconnaissance, de gloire et de séduction. Et puis il y a eu un autre blog totalement faut, un fake comme on dit, j’y développais à la première personne la vie d’une jeune adolescente déroulant émois sexuels et provocation radicale et trouvant rapidement un public conquis par la cette ingénue fantasmé dans mon esprit. Et puis il y a eu d’autres blogs, en dilettante distancié ou en sérieux sincère jusqu’à en arrivé ici, dans ces lignes. Mais les blogs ont perdu une chose essentielle, il n’a pas un auditoire hostile, ou si rarement. Les lettres que j’envoyais et les mailings collectifs avaient un point commun ils étaient intrusifs et cette intrusion rendez généralement l’auditoire plutôt hostile. Mais on vient sur un blog parce qu’on le veut, on le choisi, auditoire conquis et auteur qui se ramollit, au mieux on cherche à séduire quand le blog se fait vitrine de soi. Et moi je suis nostalgique de l’époque où j’avais dans le sang le bouillon des mots comme le goût du combat.

Par remy - Publié dans : # Ecriture
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Mercredi 10 juin 2009
Rien à dire, rien à écrire et tout à faire là maintenant, dans la nuit, dans le noir, dans l'instant en faisant semblant d'être dans l'urgence, un exutoire, un exercice de charme pour un effort d'écriture ; avoir en tête le goût des mots pareils à la saveur d'une femme et le goût du regard de celles qui me lisent, de celles qui fouillent et dont j'aime le regard aiguisé et aguicheur. Vieux pervers à la littérature démiurge j'ai la prose qui se fait plus facile quand elle se joue façon adolescente impudique, j'aime aussi avoir la plume cynique sans queue ni tête, la plume du bouffon provocateur qui a posé ma tête sur billot, joli piédestal de fortune au futur ensanglanté.

Mais qui aura ma tête ?

Et qui voudra de ma dépouille ?

Du coeur ou du cerveau je suis donneur d'organe mais prenez garde les meilleurs morceaux sont pas toujours ceux que l'on croit. La photo est jaunie, j'ai l'esprit capricieux trop soucieux de bien faire sans s'assumer en dandy pour midinette, et c'est toujours la même prose, égo trip sur route de province, toujours la même chose. J'ai laissé Ana recluse dans un coin de feuille où s'écrit en silence notre correspondance intérieure en attendant que je la retranscrive en mot écrits, en cris, en émotions ancrées. Mes prières insoumises s'émiettent dans le doute de leur imperfection, sans déesse pour me sanctionner et dans l'attente de ma muse je ne sortirai pas des mots complaisants, des comptines, des listes, des sanctions scandées - conversations en suspends, poésies poubelles - il ne reste que la prose.

Oui, et  j'aime ça.

Continuer comme on court, oui, ou comme on marche, mettre un pied devant l'autre, un pas de plus devant le précédant sans savoir où cela nous mène, juste une énième minuscule étape faite dans la sueur de l'effort, est-ce par plaisir des flux salés ou celui de l'effort que je continu ? Il fut un temps encore si proche où les muses m'inspiraient sans limites, sans raisons surtout, j'avais le plaisir de l'excès et la facilité de l'emphase, l'esprit bouillonnait plus fort que les battements de mon coeur et ma corde sensible ne cessait de vibrer sous les assauts de la rage, de la folie, de la colère, de la passion, des pulsions, de l'injustice. Il me fallait changer le monde, endosser la souffrance des muses et chercher la clef du mystère pour espérer les sauver, mes mots avaient le goût de la démence, de la déraison, du déséquilibre et j'aimais cela. Dans le jardin de la solitude ils étaient mes seuls alliés et sans limites ni contraintes ils me permettaient d'apprivoiser ce que l'esprit déchaine. Sans cesse ils me tiraient vers le haut, ou vers le bas, en tout cas là où il n'y avait pas grand monde, seulement quelques âmes que j'estimais qui erraient et moi j'avais la sensation d'une supériorité, j'étais aventurier des zones sensibles, explorateur solitaire de ces mondes intérieurs dévastés, les émotions aussi sauvages que farouche étaient tapis dans l'ombre prêtent à se jeter sur moi qui n'avais que les mots pour les apprivoiser, les mots qui ouvrent à l'empathie pour ce qui déborde des limites. J'étais là où j'aimais, là ou j'avais toujours voulu être, là où la vie bascule, là où les mondes intérieurs se créent et puis se brise - à moins que ça ne soit l'inverse - sensation délicieuse et enivrante. La parole salvatrice, destructrice, mais la parole active.

Pourquoi devenir raisonnable ? S'entourer de personne équilibrer ? Qui sera là pour gratter ma corde sensible ?
Par remy - Publié dans : # Espace intérieur
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Mardi 19 mai 2009

Absence - je n'ai jamais très bien su faire cohabiter l'univers virtuel, le monde réel et mon univers intime, cette espèce de bulle à mi-chemin entre virtualité et actes tangibles. Ce qui constitue mon monde virtuel c'est l'univers des réseaux, des échanges dématérialisés, internet, sms, e-mail, la correspondance, la rhétorique, l'expression écrite que l'on publie en ligne et les échanges, les échos, les retours, tous ces mots que l'on commente, ces relations que l'on tisse, intenses. Il n'y a fondamentalement rien de différent avec le monde réel, même logique de réseaux, d'échanges, d'échos, de relation que l'on tisse, mais c'est le support qui vari, l'oral face à l'écrit, l'instantané de la parole dite et entendu face au le recule du virtuel, l'emphase de l'écrit et la retenu des rapports sociaux, le paraitre, la politesse, la politique, la séduction et surtout le dictat du contexte, de l'instant présent. Pourtant je ne fais pas de réelles différences, la présence ou l'absence du corps de l'autre n'empêche ni la sincérité, ni le désir, ni la passion de la discussion, ni le plaisir de la présence ; les échanges, les ressentis, les réflexions sont parfaitement réels et prennent en moi une place naturelle. Si je n'ai jamais bien sur faire cohabiter ces deux univers ce n'est pas pour autan que je les oppose ou que j'en préfère l'un à l'autre. Non, mais seulement si je n'ai jamais su faire cohabiter ses deux pans de mon monde c'est parce que je m'abandonne à l'un ou m'offre à l'autre de façon entière et excessive, par vague d'humeurs, au grès des saisons, de mes goûts, de mes pulsions, mes envies, par hasards, par nécessité et quand j'embrasse l'un je délaisse l'autre et quand j'embrasse l'un je délaisse l'autre. Pourtant comme tout le monde j'aspire à la fusion, la concordance immédiate du virtuel et du réel en moi.


Mais bon ces longs atermoiements et ces quelques vérités évidentes ne sont pas une fin en elles-mêmes, ils sont juste là en introduction, je voudrais réussir à trouver les mots pour rendre aux personnes de mes liens virtuels toute l'attention que j'ai en retard parce le réel est devenu un petit peu envahissant dans mon quotidien. Réussir à rendre à celles avec qui j'ai passé des nuits d'échanges (ce qui n'a rien à voir avec des nuits échangistes) et à celles dont j'ai laissé trop souvent la correspondance en suspend cette attention que je leur porte mais que je n'exprime pas toujours. Emberlificoteuse, ma plus ancienne correspondance, à qui j'ai tellement écris et qui sait toujours m’envoyer un petit pour me rendre vivant cela fait des semaines que je me dis que je vais te répondre. Et Z, toi dont je n'imaginais pas voir le retour mais que j'attendais patiemment ça fait des jours et des jours que je me dis que je vais t'écrire, nos idées se sont croisées si loin dans les recoins de la pensée, nous avons tellement de conversation en suspend, je n’aurai pas du cesser d’écrire. Dune je t’ai laissé sans t’écrire depuis trop longtemps et comme pour les autres, Marina, Cybèle, Cindy, Alice, Madeleine, Koulou, Aurore et El/Eve, à qui je pense souvent avec un souvenir agréable et une douce nostalgie. Je regrette de ne pas avoir pris le temps de vous écrire, de faire perdurer nos échanges, maintenir nos relations et vous faire exister dans mon univers ; perpétuer nos correspondances et continuer de m’enrichir de vous, dévorant vos mots et au travers d’eux vos vies, vos écris, l’écho des cris, écrire, entretenir nos histoires, mot à mot, tout donner, tout écrire, me dévoiler dans le giron de nos paroles, me livrer, me délivrer, poussé par vos mots à aller plus loin, tout décrire, écouter, entendre, s’étendre, digresser, y revenir, parce que j’en ai envie, parce que j’aime cela, j’apprécie vos échanges, vos personnalités. Oui je sais, c’est un brin niant-niant, mièvre et mielleux  et alors ? ça m’arrive à moi aussi.  Bien sûr quelques personnes qui triche, je pense à Mlle B avec qui j’ai passé tant de nuit à discuter et qui pourrait rentrer dans le corps de ce texte parce aujourd’hui ce n’est plus le cas et que nos nuits me manquent mais il y a Facebook pour compenser, garder un œil, un lien.


C’est ainsi que se termine ce post, sur un point, ni final et même pas de suspension. Je reviendrai, je pense à vous.

Par remy - Publié dans : # Espace intérieur
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Mardi 19 mai 2009

Désamorcer tout élan narcissique, nombriliste, et pourtant la veine est là, un filon facile pour un dandy raisonnablement décadent ; avec l’élégance de la prose sagement  élimée, parler de soi, à la troisième personne parfois, parler de moi et éviter de trop ponctuer pour laisser planer le doute et faire semblant du style et surtout, ne pas écrire pour soi, mais pour les autres, son auditoire, ses courtisanes écrire pour le miroir et admirer son reflet savamment construit, décrit, écrit dans ces regards posés sur moi, user de ce réel pouvoir de liberté pour de soi, de moi, donner à voir la part que je choisi, sagement censurée, césurée, calibrée pour faire mouche ; par jeu à peine - juste ceux des mots - et par plaisir, le mien. Mais j’échoue toujours à désamorcer quoi que ce soit car dans l’écrit je me fais toujours prendre au jeu de la prose, des mots faciles. Et poser les mots dans l’élan de l’emphase me conduit toujours à finir dans mon nombril, alors au lieu de désamorcer quoi que ce soit, je tombe dans mon abîme. Et pourtant je fais ce que je peux pour être parfait ou à défaut d’idéal pour ne être pas trop mal, ni pas trop mauvais, un homme gentil et attentionné qui connait ses classiques ; la tolérance et la compréhension avec un goût non feint pour l’âme humaine, même une passion sincère et dévorante pour les recoins reculés, parfois sombres, salis ou délaissés, un homme qui sait se mettre à l’écoute que coute des moindres bruits de l’âme, essayer d’appréhender sans juger, un homme qui a du respect, pour le corps, pour l’âme, pour les maux, pour les failles, les faiblesses, un homme qui cherche à les desceller pour ne pas les mépriser par défaut, quelqu’un qui sait rester quelqu’un d’ouvert à tout et qui prend la peine de travailler les mots, enrichir sa réflexion, dépasser ses préjugés, observer, analyser, comprendre et agir en conséquence, avec raison et spiritualité, je suis homme qui forge sa morale, son sens éthique et ses valeurs en essayant de faire preuve d’esprit critique, d’esprit humaniste et de liberté d’esprit. Oui je fais ce que je peux pour être charmant, m’habiller avec goût ou par défaut avec plaisir et tant que possible savoir refouler mes pulsions explosives, mes désirs sourds, les extravagances de mes penchants et la cohorte chaotique qui se tapit du coté de mes ombres et qui est réfugiée dans les fissures de ma faille originelle. Je fais tout cela sans aucun regret, je le fais par conviction poussé par la nécessité de mon âme, je le fais pour m’accomplir - petite prétention de style parfaitement inutile - et bien sûr je le fais pour plaire, je le fais en espérant plaire aux femmes, aux filles, aux courtisanes, à mes muses, sans garanti de réussite mais sans alternative personnelle, mais je le fais parce que c’est moi, entièrement moi, uniquement moi, moi dans l’entière supposition de mes qualités, c’est ma voix pour goûter à la l’amour, à la passion charnelle, à la nostalgie, au bonheur, l’amitié, c’est la monnaie, le langage, l’interface qui me permet de tisser mon univers social, chercher l’amour, l’entretenir, le consommer, le renouveler ou le garder. Et pourtant, pourtant … pourtant je suis jaloux d’un troupeau de personne ; je jalouse par exemple les hommes alcooliques qui rentrent saoul et sans conscience imposer leur présence avinée et leur carcasse puante et délabrée à la femme qui les cajole. Je jalouse les intolérants et les éternelles victimes, ces prétendus incompris bien souvent paranos, ceux pour qui le monde tourne autour de leur nombril malheureux aveugles qu’ils sont à la détresse de leurs proches. Je suis jaloux de ces violeurs par défaut, les mâles qui ne savent pas ou ne veulent pas entendre quand une femme leur dit non et se refuse à eux corps et âme, de ceux aussi qui utilisent la force, la violence et la peur pour violer un corps, vider un cœur, piétiner une âme en toute connaissance de cause dans l’indifférence de leur conscience creuse. Je suis jaloux des hommes aux grandes mains qui tripotent les bas des adolescentes délicieuse, je jalouse les mâles infidèles chroniques dans l’appart de leurs conquêtes, les pédants, les prétentieux, les biens pensants qui s’offrent de jeunes amantes dans les bordels de Bangkok. Je jalouse les violeurs incestueux qui usent de leur statut de mâle dominant dans la hiérarchie familiale pour abuser dans le silence complaisant l’innocence de leurs enfants. Je jalouse les je-sais-tout qui affichent leur prétention sans l’ombre d’un doute, avec pour seul argument l’aveuglement de leur conscience, je suis jaloux de ses hommes qui bafouent la morale, l’éthique, les valeurs humanistes d’un revers de leur inculture crasse sans le plaisir ambiguë de la transgression mais juste dans l’expression de leur pauvreté spirituelle. Je suis jaloux des donneurs de coups, revers de main ou coup de pied, de ceux qui harcèlent, moralement, sexuellement, les bourreaux, ceux à l’insulte facile et à la parole blessante, les Attila de l’amour propre qui piétinent et pratique la politique de la terre brulée, je suis jaloux des donneurs de leçons, les xénophobes évidement, les pédophiles aussi, les réactionnaires et les je-m’en-foutiste, tous ces hommes qui s’épargnent une réflexion et une prise de conscience pour ne pas gâcher leurs plaisirs. Je jalouse la facilité avec laquelle ils s’affranchissent des tabous, des barrières de la conscience, des notions de morale, de bien, de mal mais surtout, par-dessous tout et au-delà du mépris que je leur voue, de la haine que j’éprouve pour chaque souffrances qu’ils ont infligé, je jalouse le fait qu’ils accèdent à l’autre et sans la moindre attention à l’autre arrive jouisse de l’autre, de ses sentiments, de son amour, de son corps, de sa présence.


La jalousie est comme l’amour, le désir, et beaucoup de relations humaines elle n’est jamais rationnelle, rarement justifiable et encore moins raisonnable. Alors à quoi bon écrire tout cela ? A vous de me le dire. A me comprendre peut être, ou juste à prendre plaisir à l’écrire, soulever un coin de voile en ayant pris soin de ce qu’il y aurait derrière.

Par remy - Publié dans : # Espace intérieur
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Samedi 16 mai 2009
J'écrirai ici, bientôt, pour rien, renaissance - habitude - exercice - de style - de survie - réécrire - pour rien - pourri - blabla - écrire, et que personne ne le lise, la vacuité de l'écrivain qui parle pour ne rien dire, qui parle de son intarissable page blanche est d'un détestable style pédant et prétentieux et inutile, dandy dodu et diatribe vaine, mais j'écrirai encore, ici, ailleurs, et là - à demain
Par remy - Publié dans : # Ecriture
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Mardi 10 mars 2009
Je suis un vieux vicieux analphabète, oui je collection des petites culottes souillées que je cache dans mon oreiller, obsession sexuelle ;  je fouille les paniers à linge des ménagères et je traque les filles trop jeunes pour être méfiantes afin de pouvoir fouiller sous leurs jupes à la recherche du précieux tissu imbibé de tous les fluides de la luxure, le sang des vierges et la cyprine des filles de joies.  Joli alors jouie ma belle ! Au bras des femmes mariées que je séduis sans vergogne je m’offre dans le gouffre entre leurs cuisses le goût de la décadence maritale, inimitable comédie humaine, je fais crier leurs croupes sans glamour pendant que monsieur et allé chercher la petite à l’école, et c’est dans leur lit conjugal que je remplis mon devoir animal. Je pars sans me retourner, sans précautions les mains dans les poches et la tête ailleurs. Je mange crues des petites filles (me demandant si cela fait de moi plutôt un pédophile ou plutôt un cannibale ?), il ne fallait pas les habiller en rose – bonbon évidement  – car elles sont à croquer, mais elles ne manqueront pas à maman si maman à un bon amant. Je pille la naïveté des lolitas, GHB, GBL et pétasses sans plombs dans la tête sont autan que de conquêtes que j’accumule, oui je suis un conquérant de l’inutile, du plaisir égoïste et de la jouissance éphémère et les jeunes filles nues dans leurs serviettes se demandent combien de temps elles resteront la suivante. Je suis brulant comme la peau après les coups de fouet alors sur moi se consument les espoirs fragiles de la féminité évanescente et je recueille le sang des calices devenus impures, quel luxe de déflorer ces vies sans lendemain sur la banquette arrière de mon 4x4. Je pars, je roule sur l’or de mes jantes 20 pouces, mon Hummer roule au fric que je claque sans compter, ce n’est pas la peine je n’ai jamais su compter si loin et au delà c’est là mort. J ’ai des bagues en diamant que je porte à chaque majeurs que je dresse haut pour saluer la famille, les amis, les pauvres et les moches, je suis un loup avide, chef de gang, chef de meute, tu ne peux pas faire plus dangereux, porte flingues je racket l’argent de poche des enfants et les portefeuilles des grands mères, action totale, je ne manque pas d’air ni de liquide, je roule sur l’or oui et je marche sur l’eau aussi et sur la tête des autres à l’occasion, petit plaisir sans frisson. J’accumule, je consomme et j’insulte à tour de bras en onomatopées vains les hôtesses qu’elles soient de l’air ou de bar ces filles qui se refusent à moi. J’ai la pensée frontale, aussi terre à terre que mes couilles dans mon slip, ça évite de se prendre la tête pour des futilités, ni tabous ni morales ni regrets ni remords ni peurs ni reproches, le degré zéro de ma conscience je le cultive à l’eau de vie, à l’eau des glaçons dans ma vodka et l’eau salée qui fait couler le rimmel des pucelles déniaisées. Je suis un infidèle patenté qui trompe sans hésiter l’amour, l’amitié, la foi,  les lois de l’attraction et celles de la grammaire comme celles de la courtoisie, j’inculque au système mes coups de gueules et quelques coups de crocs chaotique quand je ne suis pas trop saoul et que je vomis pathétique patin sur le carrelage. Je suis une pieuvre, un mollusque, un invertébré libidineux qui glisse ses doigts flasque dans les orifices des femmes endormies, cadavres d’une nuit dans mon placard, quelques fois sous le lit de ma fantasmatique. Coup de cœur, coup de sang j’éjacule mon encre noire, écran de fumé je pars me réfugier dans mon antre. J’habite une maison en marbres de carrare, salle de bain jacuzzi king size, femme de ménage roumaine brune et mineure, sans papier, sans preuve pas de crime, j’ai mon harem dans la cave où les femmes s’affinent comme le bon vin en fût de chêne cerclées de chaines en aciers et je paie le silence de la justice avec l’argent que me rapporte la prostituions des orphelines ramenées du Népal, du Vietnam et de Thaïlande, il ne faudrait pas qu’elles soient dépaysées. Je viol la loi, les femmes et le bon goût, j’emmerde les gens qui bossent, je dors dans la boue, je crache à la gueule, et à lieu de tendre l’autre joue je préfère fuir loin et vite, je fais peur aux enfants, aux parents, aux passants, aux passeurs, Osiris aussi tremble, je fais tourner le lait et faner les fleurs, les chats noirs trépassent et les miroirs arrêtent de réfléchir, je suis seul au monde et si je ne pouvais pas m’offrir la compagnie immorale des jeunes femmes qui m’escortent je maudirais encore le nom de la solitude et toutes ces enfants qui sont passées à deux doigts d’être nues entre mes draps mais dont j’ai dû fait taire trop vite leurs cris de désespoir en serrant leurs gorges de mon chagrin amère avant qu’elles ne finissent dans le béton sous le marbres de ma terrasse. Mais je ne changerai rien, j’ai le goût de l’argent qui achète tout, une conduite, une réputation, un destin, une âme, une conscience, l’amour, la présence, l’appart, les femmes, les enfants, les orgasmes et même la charité. Et si tout ceci n’est pas tout à fait vrai ce n’est pas important puisque je suis sûr que ça vous plais et que vous avez envie d’y croire. Allez y c’est si tentant, si facile, fameux n’est ce pas ? Et puis tout ceci ne peut pas être tout à fait faux puisque je continu d’emmerder ceux qui pourraient le croire.
Par remy - Publié dans : # Espace mutant
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Mardi 24 février 2009
Il y a eu comme une rumeur dans la nuit hivernale, une annonce crépusculaire flottant dans l'air comme une feuille morte battue par les vents froids d'un matin gris. C’est ainsi, la colloquie touche à sa fin ; quel triste présage, une annonce presque anodine avec rien d'officiel juste quelques mots capables de sceller un funeste avenir. Il suffisait qu’on débarque, habitués ou de héros de passage, pour se sentir bien, un peu chez soi, un peu ailleurs, et surtout là où on se venait se retrouver pour faire la fête entre amis. La colloquie tu va partir et nous on a un pincement au cœur, un coup de mâchoire dans la passion de nos souvenirs et l’émotion mise dans l’étau de la nostalgieprécoce même si l’étau n’est que celui de la métaphore. Oh c’est vrai, ce n’est pas pour les murs qu’on va perdre qu’on est triste, bien sûr c'est là que l'on venait s'empanner, on jouait à singstar, on perdait au ping-pong, très souvent on buvait même parfois toujours, on mangeait quand le frigo n'était pas vide, d'occasions en prétextes on venait tous avec plaisir, on était là, fidèles empanneurs et autres inconnus de passage, juste croisés, tout juste dragués, parfois photographiés et aussitôt fondus dans la foule, déjà oublié ou très vite adopté ; tu te souviens de lui ? Mais oui il était là à la crémaillère, et elle ? Elle, je ne sais plus.

On y a bu souvent et dormi pas beaucoup - qui ne s’est jamais endormi par terre sur un vieux matelas dans la cuisine maculée par une nuit de fête et la colloquie qui s'endort au petit jour dans les cadavres de verres renversés et les bouteilles vides -. Qui n'a pas laissé de traces sur le mur blanc en renversant son verre, qui n’a pas laissé son empreinte sur le plafond en dansant sur un podium - comment ça y’a pas de podium ? alors ça devait être la table basse … ou la chaise … - , qui n'a jamais fait de tas sur le lit de Damien qui n'a pas squatté dans le lit à Pilou, qui n'a jamais essayer de s'isoler dans la chambre de Franky. On a tous feuilleté les pages de ce FHM éculé qui fut longtemps la seule compagne de ces toilettes. Oui on les aimait les murs, le sol aussi et même le plafond et même le jardin et la terrasse et la piscine aussi, mais c'est bien plus que cela qu'annonce la fin de la colloquie, c'est la fin d'une époque. La fin d’un âge d’or, la jeunesse l’insouciance, les filles qui se déshabillaient tout le temps - ou pas -, la vie libre, les coups de cœur, les coups de sang, les coups de folies, jours de matchs, jours de fêtes, y’a eu des couples pour se donner du sexe derrières ces murs, d’autres pour se faire l’amour sous la musique trop forte. On y a tous furé quelqu'un à moins de s'être fait furé par quelqu'un, on a tous désempli des verres en plastique et presque tout le monde a passé un lendemain de soirée a ranger, nettoyer le sol collant et les mégots au fond des verres.

Pas dormi, pas de regrets, on remet ça, ça va me manquer, elle nous manquera comme l'un des notre la colloquie, comme une présence qui ne sera plus là, comme cette belle blonde qui quitte mon lit avant l’aube ne laissant derrière elle qu’un doux parfum et l’empreinte brulante du plaisir consumé, consommé. C'est la fin d'une époque, celle des amitiés collectives et communautés joyeuses, les gens restent mais le temps passe, le temps passe les couples se font et cesse de se défaire, besoin d'intimité, la passion amoureuse a cela d’égoïste qu'elle se joue à deux, rien ne change, ni l'envie, ni les gens juste les murs, et un peu plus on finirai par croire que c'est du Bénabar,
alors va en Camargue la colloquie, tu nous plante là, on va se retrouver sur le trottoir et on ne veut pas de ça. La fin d’une époque, souvenirs météoriques comme pour la fin des dinosaures, on se souviendra, on n’oubliera pas on se retrouvera ailleurs, mais sans toi, c’est dommage, presque triste, mélancolie des lieux, merci à tous sans qui cela aurai été possible.Et toi qui passe par là sans la connaître n'en doute pas tu l'aurai aimé notre  colloquie, oui tu l'aurai aimé.
Par remy - Publié dans : # Article sans intérêt
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# Rémy

  • : 03/04/2007
  • article-1
  • : Ceci n'est pas de l'art ni de la photo ni de la poésie, ce ne sont pas des écris ni des délires, ce n'est pas le néant ni l'émoi, ni le moi ni le fou ni le feu ni la flamme. C'est autre chose. Ceci n'est pas encore un blog. - textes & photos sont des productions personnelles [dans le cas contraire cela sera précisé]
  • : Sport Photo art création Artiste Vie perso / Journal intime

# Révélation

- Ceci n'est pas un blog -
- Je suis un réfugié -
- Je suis un mutant hypersexuel -
- Je suis un homme à prendre -
- Je suis un inadapté du lien social virtuel -

# Vos Commentaires

# Fantasme















































































































































































































































































































# Micro blog

07/10/08
19:36
Je blog, je suis un blogueur encore en vie, je ne dis rien mais je blog, dans le vide, dans le vent, je blog
24/08/08
O5:25
144 visites de Google pour mon amoureuse Silke Spiegelburg
23/08/08
06:50
Pas moins de 61 visites en provenance de Google rien que sur l'occurance : Silke Spiegelburg, je suis heureux que l'on recherche mon amoureuse. Je suis en troisième place sur la recherche Silke Spiegelburg
22/08/08
02:06
je reviens
18/08/08
01:56
Ne t'endors mon blog, reste en vie j'en ai envie
11/08/08
02/32
Couché à 18 heures, levé à 02 heures du matin, je vis à l'heure de Pékin
29/07/08
13:54
Je parts à Monaco pour la journée, meeting d'athlétisme, je laisse ma poupée ici, je n'aime pas cette idée, elle va me manquer même si je ne le suis pas d'une grande aide
24/07/08
16:38
Pourquoi je n'ai jamais les bonnes idées aux bons moments ?
23/07/08
12:33
Pourquoi ne suis je pas son seul ange ? Je suis jaloux, il n'a rien fait lui, il ne mérite pas ce titre
20/07/08
23:38
La poupée est sortie du coma, je ne suis même pas moins inquiet
18/07/08
16:18
Elle a prit tous ses médicaments et elle s'est couchée, elle est dans le coma
17/07/08
22:03

Si ça se trouve elle est mort, je ne sers à rien
16/07/08
20:45
Je n'ai rien à dire
15/07/08
14:38
Retour Musilac, retour sur msn, retour blog
10/07/08
11:15
Préparation départ Musilac, valise + camping = retour le 14 juillet
08/07/08
02:46
Je n'ai plus que 3 abonnés à mon blog, c'est presque triste
05/07/08
21:41
Réouverture du micro blog

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