Rémy :
Cynisme ?
Pourquoi vouloir être cynique ?
El nous vivons dans une société ou tout acte est devenu signifiant, tout acte nous inscrit dans le système. Sous couvert de conventions nos actes et nos paroles, servent au système à nous identifier, nous inclure, nous définir. Or, toutes ces conventions nous coupent de notre sincérité, de notre être au monde.
Je vois le cynisme comme une fidélité à la vérité et l’authenticité. Entre cynique pour être vrai, être cynique pour ne plus cautionner ce système hypocrite. Voilà pourquoi j’aspire à être cynique, ne plus être contraint par la morale, la bienséance ou je ne sais quoi de conventionnel. Vivre comme un chien, juste se soucier de moi et de la vérité, ne dit-on pas qu’un animal ne ment pas, ne se compromet jamais ?
El :
Cynisme ?
Voilà Rémy un mot qui me met la chair de poule.
Certes et bien malheureusement, notre société pousserait de plus en plus au cynisme, mais je mets cela au conditionnel.
J’étais quant à moi de rester fidèle à la vérité et à l’authenticité, à rester vraie, à ne pas être contrainte par quelque morale que ce soit sans être cynique.
Cà passe, ça casse, mais je reste en accord avec moi-même.
Penses-tu vraiment Rémy que l’on se fait bouffer si l’on n’est pas cynique ?
Ne crois-tu pas que l’on est mieux avec soi-même si on exclut ce cynisme ?
Je n’arrive pas à t’imaginer ainsi………………
Rémy :
Toute la question c’est de savoir quelle vie tu mènes et avec qui. Si tu parviens à te consolider une petite bulle peuplée de gens équilibrés ou positivement déséquilibrés alors tu as
certainement raison, on peut vivre sans cynisme. Mais les tours d’ivoire sont comme les tours HLM, elles sont déjà pleines et personnellement je n’ai pas envie d’y vivre. Alors, je vis en prise
avec le monde, je navigue en eaux troubles. Et je reste convaincu ce soir que dans cette situation seul le cynisme est salvateur. Je crois que si on pouvait sauver les gens avec de la gentillesse
et des bons sentiments je serais le premier à l’avoir remarqué.
Malheureusement ma petite El l’enfer est pavé de bonnes intentions et j’imagine aussi de bons sentiments. Alors ce soir je mise sur le fait que le paradis est pavé de cynisme, d’ironie et d’un brin de fatalisme.
El :
Je comprends mieux avec tes exemples ce cynisme dont je ne voulais pas entendre parler.
Je restais plus dans le domaine du privé où celui-ci me gêne beaucoup.
Si l’on sort de cette sphère, il est bien évident que la gentillesse et les bons sentiments ne restent que de gros pavés dans une mare. Peut-être n’ai-je pas vraiment saisi ce mot dans un premier temps, avec tes arguments, j’ai tout d’abord réagi en révoltée, oui, souvent je suis révolté par les différences sociales flagrantes. Et certainement pour y répondre, seul le cynisme peut apporter une réponse. Dans ces cas-là, je préfère de loin le cynisme au passéisme.
Tu as vraiment raison, notre société n’est pas tendre et si nous, nous le sommes au fond de nous, on ne nous laisse guère le choix.
Ce qui me fait peur quand même, c’est que ce cynisme devienne un état d’esprit permanent et qu’il se répercute dans notre vie quotidienne et cela avec les gens qui nous sont proches.
Et là, catégoriquement je le rejette et il me dérange.
Parle-moi de ce cynisme dans ton quotidien.
Rémy :
Tu cynisme à l’ironie il n’y a qu’un pas et de l’ironie à l’humour un pas encore plus mince. Pour peu que le quotidien soit peuplé de gens ayant un peu d’humour le cynisme s’y accommode très
bien. Et pour peu que l’on partage avec les membres de notre quotidien une vision commune du monde et des autres et dès lors le cynisme n’est qu’une complicité de plus. Entre gens de bonne
compagnie, rien n’est impossible.
Et si ce n’est pas le cas, si dissonance il y a entre visions personnelles et la vision de ces autres qui habitent notre quotidien alors pourquoi ne devrions-nous pas présenter nos valeurs avec une pointe d’ironie et d’humour, avec ce je ne sais quoi de suffisant légitime à ceux qui savent et que nous sommes.
El :
Cynisme, ironie, humour….Tu penses que cela se rejoint en quelques petits pas ?
Je ne suis pas d’accord du tout. Déjà l’ironie je la mets au même rang que le cynisme, même pas de pas à faire pour moi. Par contre l’humour je ne l’associe pas du tout aux deux autres. Même si cet humour est particulier, cela reste toujours de l’humour et je l’apprécie.
Une personne cynique ou ironique me coupe tous mes moyens, je n’ai aucune répartie, je me tais et même me mure. Une autre personne joue de son humour, je renchéris aussitôt, je me sens à l’aise.
Non ! Décidément Rémy, le cynisme est trop éloigné de ma personnalité pour que je puisse m’y essayer.
Et toi Rémy, je connais ton altruisme, ta générosité et tu dois bien te forcer pour être cynique, je me trompe ?
Rémy :
El, El, El … c’est me sous-estimer que de croire que je ne suis pas cynique. Je suis peut-être généreux, gentil, altruiste, mais ce n’est qu’avec ceux et celles pour qui j’ai de l’estime, du
désir ou un peu d’amour (parfois les trois en même temps). Mais le reste du temps El, je méprise le monde, j’en veux au monde entier, j’en veux à tous ceux qui le constituent, alors un peu de
cynisme ne me brûle pas les lèvres. Je n’ai jamais été un ange, je n’aspire pas à le devenir et un peu de cynisme ne me fera que du bien.
J’ai été gentil, généreux et altruiste et en contrepartie j’ai été bafoué, méprisé, ignoré et trop rarement aimé. Je ne perdrai rien à être cynique.



Le mérite et le meilleur, quelques mots d'essai à défaut d'être d'art. Du peu de temps à emprunter je n'use que l'encre des frappes. Je me plais à jouer avec ce jouet, joué à poursuivre des
petits chiens noirs, camions-bennes et chouettes d'Honolulu qui n'ont de cesse de hululer quand les loups hurlent à la lune. Quand le silence se répand de mont en plaine alors à d'autres choix
que de s'agiter pour combler le vide, le blanc et les vertiges. Faire du bruit à défaut de faire du sens au risque de défaire nos consciences et soulever quelques non-sens afin de faire fuir nos
vieux démons, les dépanneurs et autres écosseurs de carcasses. Notre âme est morte ne nous laissant que peu de coeur et peu de corps à remuer de page en plage, de salle en salle, de confort
en infortune pour donner un semblant de sens à nos envies. L'âme est morte et on la conserve coincée, séchée et froide entre les lourdes pages d'un livre comme l'herbier de notre conscience,
inconscience et état subatomiques.
Une infusion infusant au chaud d'une tasse de thé, eau bouillante et nuit d'été...
A B C comme câble et caramel, mais la question que je pourrais poser : comment ça ce fait que le Bon Dieu on l'aime ou on ne l'aime pas, si ça se trouve je l'ai déjà trouvé et pourtant
je ne l'aime toujours pas, si ça se trouve je le connais sans savoir que c'est lui, ou pas. Solitude isolée des nuits qui se suivent sans se ressembler, ni s'assembler. La vie n'a rien d'une
cohérence, à naître un jour on s'octroie un semblant de destiné et l'illusion d'une liberté. Il y a des destins qui voient parfois des petits chiens sombres passer sous les roues des
camions-bennes laissant sur la route des traînées de roues caoutchoutées et sanglantes. Voilà là toute la misère canine que les caniches, même pas cannibales se saurai supporter à moins de se
faire enfermer et d'enfanter de leurs entrailles le diable pieds et poings liés. Au lieu de cela, ils sont tout juste bons à courir près les voitures et fatalement les camions et parfois même
après les bâtons en bois même pas précieux. Laissons les animaux à la SPA, liaisons hasardeuses je ne veux pas d'assimilation, le jeu des mots et de leurs histoires ne sort pas de ces lignes.
C'est décidé ça sera toujours ici chez moi ...
Tu sors de la salle de bain. Tu as séchée tes cheveux courts et ton corps nu, corps qui habille à peine ta silhouette saillante. Dans tes yeux il y a un éclat comme l'ivresse de la satisfaction, j'imagine que la balance t'a été un beau miroir. Ana tu souris et j'ai envie de toi. Assis sur le bord du lit je t'attends.
Demoiselle Ana pourquoi je t'ai choisie ? Tu devrais le savoir non ? N'es tu pas parfaite ? Oui j'avoue, c'est ironique, tu n'es parfaite que pour les filles qui ont trouvées en toi un goût étonnant pour l'addiction masochiste. Mais je ne suis pas elles. Je suis un homme qui se délecte de ses pulsions. Ana ce soir c'est moi qui t'ai choisie, tu pourras faire ce que veux, tu n’échapperas pas à mon désir. J'ai envie de me frotter à toi. Toi tu as le goût du pouvoir et de l'emprise sur les autres ? Moi celui de la perversion et de la pertes de contrôle. Ne trouves tu pas cela drôle ? Ton plaisir est de pénétrer l'intimité la plus secrète de jeunes femmes qui se donnent corps et âme, et moi je suis un voyeur qui s'abreuve de ce que livrent, corps ou âmes, les jeunes femmes.
Quand je pose les yeux sur toi, sur tes seins minuscules ou ta peau diaphane l'excitation me dévore et j'entrevois en toi toutes celles que tu as séduites. Ana si tu continue de me regarder avec dans tes yeux ton envie je ne vais pas résister. La métaphore le dit très bien, le brûle, je me consume, n'est ce pas merveilleux, n'est ce pas cela qui te plait chez tes petites protégées, qu'elle se consument pour toi ?
C'est ce que j'aime, ce que je veux, perdre la tête et tout le contrôle qui va avec. Les yeux dans le vide, le corps en transe. Est ce parce que faire l'amour brûle des calories que tu t'y adonnes avec autan d'entrain ? Peu importe, cette fougue que tu mets à chercher la jouissance c'est ça que j'aime, te faire perdre la tête. Putain que c'est bon de sentir ton corps longiligne tressaillir de plaisir ou de douleur, quelque soit la cause c'est le frisson que j'aime. Le désir semble sans limites. Tu dévore, lèche ou embrase, quand tu bascule, caresse ou embrasse. Simulation ou pas j'adore. Depuis quand Ana as tu les épaules assez larges pour supporter tout le poids du désir ?












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