Emma nue, elle bâtie, folle, à travers ses mots le plus singulier des monuments. Et moi en mon coeur je palpite de ces visites, de ses battements de cils et à chaque soubresaut -littéraire- de la jupe d'Emma jeune fille en prose. J'ai mille et une raisons d'emmailler mes nuits de ta présence trésor, même si le trésor est souillé et convoité par quarante voleurs, quelques petits cons et des amoureux transis d'une indolente perversion qui usent à l'abusent du sésame qu'ils volé pour pénétrer l'alcôve. Mais moi -Emma- j'ai apprivoisé le géni qui l'a mauvaise dans sa lampe, j'ai convoité la princesse, convoqué la presse et prévu de voler la lampe.
Je sais, je suis un hérétique autant que tu es une déesse et ce n'est qu'à ce prix, en tant que -simple- mortel, que je peux désirer à l'outrance ton aura
magnétique et tout le Temple de ton Corps Alangui, simple mortel sans respect ni morale je peux déclamer jusqu'à l'outrage les louanges capiteuses qui palpitent dans mes pensées quand mon esprit
se frotte et frôle aux courbes et aux volutes de ta pensées tumultueuse. Idole de luxure et icône détraquée je collectionne et accumule les fétiches ma belle déesse pour en garnir l'autel -hôtel-
où les fidèles viendront se prosterner, à tes pieds, entres tes jambes.
Je suis le gardien du temple : il leur faudra du savoir vivre, du verbe, de la verve et de l'abnégation s'ils veulent apprivoiser la furie et ne pas finir
dévoré tout cru sous mes yeux jubilant. Je me dis que je devrai faire payer l'entrer et monter une boutique de souvenir et produits dérivés ; culotte portée et poupée de chiffon, larmes rouillées
et lames ensanglantées. Les quarante voleurs veulent du sang, ils sont avide. Ils ont la force pesante de leur suffisance masculine mais les quarante voleurs sont des bons à rien.
Et toi tu es là, du verbe et de la verve dans les veines, et moi je voudrais être -encore- là la nuit ou tu te les ouvrira pour recueillir cette essence brûlante, ce flot amer (quoi que je ne connais pas le goût de ton sang) rouge bouillonnant qui couvrira le monde de son essentiel. Mais je suis exigent et je voudrais être là aussi avant -bien avant- quand l'essentiel coule encore dans ton corps, quand l'essence elle, me clou d'admiration. Quand le temple est ouvert et pas encore couvert de terre ou réduit en cendres.
Ici aucune parole n'est lancée dans le vide, je ne déclame pas comme d'autre lance des pétales de rose -rouge- ou de la poudre aux yeux pour éblouir la belle Emma. Quand je parle d'essentiel c'est d'Essentiel que je parle. Il n'y a rien de superficiel dans la jeune fille qui mitonne de belles histoires, qui se dévoile en se grimant dans des costumes trop grands ou trop étroits. Fissurée, friable mais essentielle, essence elle. Elle qui dit, elle qui se met à nue, elle qui écarte les cuisses d'un geste calculé, elle qui écarte les âmes d'un revers de main, elle qui laisse voir au creux le plus intime d'elle mais qui se voile et s'échappe dans des envolées d'emphases, bouffée par les mots. Je dis tout cela avec sérieux et conviction.
Emma es essentiel, tu touche du doigt -et de tout ton personnage rayonnant- un de secret de l'Etre, du savoir Etre au monde. Je le dis avec tout l'aplomb de ma métaphysique.
Si je t'aime de l'outrance jusqu'à la folie alors que je méprise et conspue le peuple et le reste du monde ce n'est pas un hasard, une passade ou un caprice de diva, je t'aime d'une évidence de déesse. Je t'aime en esthète, en homme et en hérétique, pour la grâce et la passion, pour le tourment, le tortueux et la torture de ton esprit, la déraison de ton corps, la beauté et la souffrance, la verve, la verve et la verve, la singularité et toutes les singeries, l'irrespect, l'immoral, au compte goutte de sang et tous les flots qui surgissent, la feu qui consume et la braise dans tes yeux. C'est une prière, une ode, un jeu d'enfant, un hommage, une piètre offrande en regard de tout ce que je te prends sans ta permission.
C'est surtout un plaisir, ce n'est que moi, juste quelques mots.












Oui