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Je me traîne sur la jeté le coeur à vide à attendre un malheur, une catastrophe pour m'insuffler quelques rages, m'inspirer quelques mots, une oraison funèbre ou des remerciements pour la putain
ou la muse qui encaisse mon fric et réveille un peu plus que mon érection. Quand il est trop simple de jeter en pâture ses mots comme de la poudre aux yeux des ambitieuses de bas étages,
fantasmes de bazar aux couleurs décrépites, je m'ennuie, trop facile de dire le malheur, le bonheur, la passion. Ma vie est fade et son spectacle m'ennuie. Trop peu de gens le savent. Je veux me
battre. Je veux la sueur de la chaleur, de l'effort, de l'amour, de l'été, de l'effroi, du sexe, des angoisses, je veux la sueur, corps collant goût amère et salé. Qui je suis sans personne pour
me définir ? Sans personne pour me fouiller ?
Fais moi renaître, fais moi renaître, fais moi renaître, je ne sauterai pas par la fenêtre et tu pourra te repaître de moi, fais moi renaître ici et maintenant.
Je m'ennuie, je suis stérile et vain, inutile, incolore, invisible et j'emmerde Ingrid Betancourt, je suis bon à rien, à personne, à l'infini, tu le vois j'aime me vautrer, dandy décadent se
délectant de se propre déchéance, tu le vois je ne suis pas si éloigné de toi, je me répète obsessionnel, je recule pour ne pas sauter, je reste assis là au bord de la falaise à regarder
s'envoler et s'écraser les jolies dames trop jeunes pour être dames mais pas assez pour être damnées, assis là à me croire la rose du petit prince ; le pauvre con assis sur la falaise qui se
prendre pour un phare, l'homme presque lumière branché sur le courant alternatif. La solitude est mauvaise compagne, si ce n'est qu'elle au moins, elle est là. J'emmerde ma génération dorée à
l'or fin, petit boulot et grosses cuites, tout ceux qui ce soir font la fête comme demain, comme hier. Je ne suis même pas aigri, même pas en colère, à peine amère, juste assez hautain pour me
faire dandy ou pantin de mon propre simulacre assemblant des jolis mots sans y croire. Je rêve d'une écriture essentielle, sans pathos ni emphase, sans vérité ni mensonge, un semblant de
fulgurance, d'être là, je rêve d'une écriture essentielle. Je pourrai alors fustiger la prose des autres, claquer la porte et m'enfermer pour écrire, seul. Mais je ne suis bon à rien, pas ce
soir, et je défis quiconque de me dire le contraire à la lecture de cet article. Je ne fais que ce que je sais faire, geindre avec un semble de style. Gémir à défaut de jouir et entremêler les
registres de langage même si j'aurai aimé ce soir entremêler ma langue à une langue féminine. Je ne sue toujours pas et j'emmerde l'été, la Norvège et le frimas. Est-ce que je vais trouver un bon
mot pour m'en sortir avant la fin ?
Non.
Dès demain je serai absent, parti quinze
jours en voyage. Je disparais, je m'éloigne - coupure - je fais le vide emportant avec moi juste assez du manque que me laisse de rares et précieuses personnes. Si par malheur je ne pouvais pas
revenir, si l'avion explose, si je suis enlevé par une guérilla exotique où si je suis dévoré par des pauvres affamés je veux laisser sur mon blog cet article en guise de trace de
moi.Rémy, 06.12.78, sagittaire ascendant athée, c'est moi qui suis le modeste auteur, l'artiste modéré et l'interprète besogneux de ce blog. Je blog pour paraître, oui, parait que c'est cool d'avoir un blog, tu peux lol, tu peux kikou et tu peux même mdr devant un parterre d'amis, d'admirateurs et de curieux fasciné par ce que tu raconte. Oui sauf que moi, - moi - moi, je parle dans le vide, dans le vent, je brasse les mots quand les autres tournent aux yaourts, je parle, je glose et m'en régale. J'en fais orgie puis j'en jouie, encore et encore. Oui j'en jouie sans entraves avec avidité et en plus c'est gratuit en tout cas moins cher qu'une sulfureuse prostituée bulgare. Oui mais moi, moi, je ne me traîne pas parterre et j'emmerde les lol, kikou et autres mdr et tans pis pour les autres. J’écris, non, je blog, quelque chose entre Hank Moody et Virginia Woolf, introspection narcissique exhibitionniste délicieuse sous auspices romantiques. Je suis un solitaire, enfant timide, introverti, silencieux et bégayant, une solitude subit, un enfant qui a grandi, choisi la solitude comme compagne, celle qui reste discrète et frigide, celle dont on se persuade qu'elle est la plus grande, la plus belle, la plus juste cause que l’on ai pu aimer, celle là je l’ai gardé un temps, ne bégayant qu'usé par la fatigue. Mais même cela, ça passe, on se lasse, je le réalise et je la quitte, je m'acquitte de moi, je grandi ? Non ! Je mûri ? Non ! Je deviens moi, j'emmerde la solitude et elle me le rend bien. Alors je deviens bavard, brave orateur, amateur de rhétorique et avocat du diable, avocat où complice ou quelque chose du genre, talons aiguilles pour pieds de bouc et la queue qui va avec et se plonge dans la luxure. Alors j’ai écris, j'ai effacé mon nom de tous les registres, je me suis émancipé de la morale, de l'éthique, du consensus. J’ai écris. Je ne parlais pas j’ai écris. Je n’osais pas la désirer, j’ai écris. Je ne valais rien, j’ai écris. Je ne leurs parlais pas, j’ai écris. Je ne les connaissais pas, j’ai écris. Je me suis cru unique, j’ai écris. Il ne faut pas se fier aux apparences, je suis là, j’ai une sœur tout juste plus jeune que moi, j’ai une carte d’abonné au MaHB, j’aime regarder le sport à la télé, j’ai une carte fnac, deux cartes subway complètes dans mon portefeuille, des lunettes Prada, une ou deux expériences de sex shop, aucune de garde à vue, presque tout mes points sur mon permis, des DVD sur une belle étagère pas acheté chez Ikea, un baladeur mp3, des appareils photos, j’ai un faible pour Nathalie Portman, et mille autres détails anodins qui façonnent mon apparence. Je suis un agent trouble, fière et prétentieux, narcissique et excentrique, amateur de chaussure, de paraître et de philosophie, j'étouffe ma vie, je l'étoffe aussi, j'étage et je tranche, je tache, m'attache, éternel voyeur, photographe, funambule, carnivore, cannibale et j’ai une éternelle fascination pour le sordide de l’être humain, le glauque et la souffrance. Je n’écris pas, je creuse le sol, je m’enfonce à la recherche de la faille, la fêlure, pas la mienne non, celle des autres, la corde sensible le cœur de notre humanité.
Imbu et entêté je traîne ma parole lourde de silence ici et là, las d'être moi petit gorille vérbilleux isolé sur un îlot perdu, la mer tout autour qui se brise en fracas, en écume et en jours renouvelables. Aujourd'hui c'est vendredi c'est carême, prenez garde à ne pas vous nourrir mais vous pouvez nourrir les animaux, l'animal laminé par toutes les lames de fond qu'avec fougue il a aimé. L'âme au fond, non trop facile, comme larme de fond, l'âme en fonte, larme de front, non j'opterai pour le canon sur la tempe, presque l'arme sur le front puis le rouge qui s’écoule jusqu'aux lèvres ; l'envie insatiable qui rôde sur mon île au milieu des flots et qui mieux que cupidon me tir dessus à balle réel, à belle réelle. J'aime les flots, le flux, la photographie numérique perpétuelle et l'illusion de l'infini.
Je ne suis jamais là quand il faut, un temps en avance pour le reste toujours en retard, jamais présent au bon moment pour les âmes que j'aime, infiniment insensible quand il s'agit de sauver celles qui appellent, je tombe en sentiment suave dès qu'il s'agit de sauver les condamnées puis j'aime des fantômes, je fais la guerre à des démons avec trois bouts de papier, j'embrasse des causes pour mieux les perdre ensuite, je prendre le temps de me perdre et je perds le reste à le prendre, je mène une vie de pacotille sans cotillons, je prétends au grand amour et me paie les charmes de femmes frivoles, je protège des sanctuaires où personne jamais ne vient puis je piétine les dans le noir en attendant des voitures qui ne viennent jamais, je trinque seul à de subtiles petites choses essentielles dont je fais des abstractions que j'appelle l'amour, la vie ou le bonheur et j'en oubli parfois de rester digne parce que dans le fond comme dans la forme j'aime tout cela. Suis je bien placé ? Je suis en tout cas bien placé pour comprendre ou savoir ce que ressentent les fleurs coupées, Marie et Marilyne, les muses décharnées, les furies enchaînées, les nymphomanes mythomanes cleptomanes agoraphobes déchaînées, une poignée d'ange déçus, une armé d'autre déchus, peut être même deux trois démons, un microbe qui incube, les vieilles filles, les coeurs de pierre, les coeurs brisés, les danseuses de fin de soirée, deux trois aussi de ceux qui se bafrent la cause tibétain à la télévision, les haltérophiles, les prostituées, quelques pervers, quelques terroristes, quelques théoricien de la cause sociale, le pape, Nelson Montfort, et Cerise de groupama et même moi. Je ne vais pas pour autant prétendre que nous sommes tous pareil, pas dans ce sens en tout cas.
je m'ennuie, je m'emmerde, j'ai peur, je suis perdu, j'ai peur, je suis seul, je m'ennuie, je suis en manque, je pleure, j'ai faim, j'ai froid, je suis seul, je m'ennuie, je m'emmerde, je jappe, je flippe, je trouille, j'ai peur, je tue le temps, je m'ennuie, j'ai peur, j'ai mal, j'espère, j'espère pas, j'attends, j'ai honte, j'aspire, j'essuie, j'attends, je m'emmerde, je pleure, j'ai peur, j'ai froid, j'ai faim, j'en crève, j'y vais, je reste, je parle, j'écris, j'efface, je fonce, je reste, je m'attache, j'ai peur, je fuis, je me fâche, j'enfreins, j'encaisse, j'imagine, j'attends, j'ai faim, je m'ennuie, j'écoute, j'apprends, je reste, je suis perdu, j'ai froid, je déplore, j'envisage, je redoute, j'y retourne, j'en reviens, je le fais, je raisonne, je sombre, je goûte, je m'ennuis, j'ai la flemme, j'ai la flamme, j'ai peur, je l'attends, j'ai faim, j'ai mal, je dois, je ne dois pas, je croupis, j'échafaude, j'ébranle, j'y crois, je doute, j'y crois, je veux, je peux, j'espère
Trop plein de vie, de médicament et d'emphase dépressive, ivre, faire vivre ou laisser mourir, comme si la question se posait. Je dis plus d'emphase ! J'ai faim, ce n'est pas une urgence mais ça creuse. Un petit coma, un petit encas, même pas sommeil c'est elle qui dort et moi qui dîne, à nous deux on fera bien le tour de l'horloge, les deux faces de la vies, de la pièce. Elle tombe pile et moi je fais face. - est ce que c'est ça bien écrire ? Donner son émotion en pâture, sa rage en pâturage ? - Elle dort et on ferme les yeux, elle se souvient et moi je me fais des souvenirs, sous rires, si petits sentiments qui serpentent, surgissent, frappent et choquent, et j'en redemande, j'aime, j'adore, j'en suis sous perfusion. Si un illustre inconnu ce lance dans ma biographie qu'il sache s'en rappeler. J'ai la conscience tranquille, fatiguée et véritable, là preuve je vous l'écris en noir et blanc, ce soir ça sera moi qui ferai le noir et vous le blanc ne vous en déplaise. Je ne sais pas écrire, mais je sais que vous aimez ça.












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