# Micro blog

18/07/08
16:18
Elle a prit tous ses médicaments et elle s'est couchée, elle est dans le coma
17/07/08
22:03

Si ça se trouve elle est mort, je ne sers à rien
16/07/08
20:45
Je n'ai rien à dire
15/07/08
14:38
Retour Musilac, retour sur msn, retour blog
10/07/08
11:15
Préparation départ Musilac, valise + camping = retour le 14 juillet
08/07/08
02:46
Je n'ai plus que 3 abonnés à mon blog, c'est presque triste
05/07/08
21:41
Réouverture du micro blog
Jeudi 3 juillet 2008

Les voyages forment la jeunesse ; c'est que l'on dit quand justement on ne sait pas quoi dire. Mes voyages à moi forment ma genèse, en voyage j'ai l'esprit alerte et plus avide qu'à l’accoutumer (même s'il faut se méfier des accoutumances). Dans cet état les idées fusent, très facilement, fussent-elles pertinentes ou pas, je vibre et le bouillonne, je brouillonne et parfois même j'écris. Quand j'étais en voyage à Madagascar, après quelques jours à me repaître de la misère urbaine, à me glisser dans quelques quartiers pauvres puis ayant traversé une campagne sans age et sans époque, croisant milles visages j'étais plein de choses à dire, prétentieuses et ambitieuses bien sûr. Alors j'ai ébauché un article qui commençait comme cela :

"Ici Ana s'appelle Misère, son emprise s'étiole et sa prison s'effondre. Les douces lettres d'Ana, ses tendres prières, ses prétentions au bonheur, tout son coeur, sa logique destructive, son envie restent lettres mortes bien rangées dans un cahier qu'ici personne n'a les moyens de s'offrir. Ana peut bien venir roder sur le corps affamé des jeunes filles des quartiers habillées de Misère elle n'y aurait rien à gagner et tout à perdre. Tout au plus elle pourrait bader avec envie ces corps maigres par raison d'état car ici sa cousine Misère emmerde les calories, le jeûne, la balance, le sport, les os et la peau. On ne mange pas c'est tout, l'assiette est vide, l'avenir aussi, ici on marche c'est ainsi, des heures, des kilomètres et on n'y pense pas pour ne pas sombrer dans le désespoir. Quel gâchis n'est ce pas Ana ? [...]"

Le texte continuait ensuite en déblatérant sur ces jeunes filles devenues mère très vite, indistinctement femmes enfants mères filles, et sur ces endroits coupés du monde à l'abris d'hypothétiques influences néfastes, bref rien que des choses très consensuelles d'une pédance écoeurante et d'un ennui pathétique. Mais je suis revenu dans la capitale, j'ai marché encore dans les rues et j'ai croisé des jeunes femmes anorexiées. J'ai compris que là bas comme ici les jeunes filles, petites Barbies couleur caramel, se font aussi abuser et voler leur virginité par d'imperturbables violeurs, là bas comme ici Ana offre à certaines jeunes femmes un refuge, rempart illusoire contre la crasse des autres. La misère ne protége pas de soi. Alors mon bel article est tombé à l'eau et a coulé à pic. Cet article je ne l'écrirai pas.

Je suis con parfois.

par rémy - avatar publié dans : # Lettres à Ana
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Lundi 21 avril 2008

Ana tu es une cochonne !


Oui Ana tu es une vilaine cochonne qui aime se vautrer dans la fange, le vomi et la sueur - froides traces dégoulinantes de l'effort et de l'angoisse -, une cochonne anthropophage qui n'est jamais rassasiée de la chaire arrachée à tes ôtes, ces précieuses hôtesses de ton cortéges des apparences. Il y a ta vie qui est plantée là sous perfusion, y'a dans la perf' un liquide vert, bleuâtre et glauque, t'es perfusée au viol, à la violence, aux dépendances addictives, aux cicatrices violettes qui barrent le corps diaphane des jeunes filles pivoines qui rougissent sous la caresse subtile de ta main aux ongles faits. A tes pieds dans le caniveau s'écoulent les sanglots en rivière de diamant -éternels- et alors la terre se fait boue dans la sombre ruelle. Tu vautres là ta longiligne silhouette maculant ton corps dans ce marécage nauséeux des vies que tu dénigres décorant ce décorum avec toutes les jolies fleurs coupées que tu fauches à tour de bras, très fière.


Ana je le sais parce que moi aussi je suis là. Moi aussi je fraie dans les mêmes eaux troubles que toi, quand tu te vautres dans la boue moi je piétine les plates bandes, les bouquets et les fleurs sauvages. Je suis un Attila en rhétorique et je laisse le sol souillé et l'herbe couchée. C'est certainement pourquoi l'on se croise si souvent toi et moi. On se toise et pour un peu on se ferai presque concurrence ma très chère Ana. On convoite les mêmes choses, on s'émeut des mêmes vies, on envie les mêmes corps. On se croise, on se côtoie mais la comparaison s'arrête là. Toi tu es la prédatrice exclusive qui détruis sans discernement, juge et condamne, tu éradiques la flamme, la faille, le feu, la fille. Possessive et jalouse tu ne conçois pas de coexister, c'est toi et rien d'autre, personne d'autre, tu m’octroieras le droit de juger que c'est une navrante volonté. Car moi mademoiselle Ana je suis là en esthète, ni contrains ni forcé, je déguste ce que tu dénigre et je déplore ce que tu désastre, je dévore ce que tu dévaste. Nous traversons le même paysage mais nous ne sommes pas guidés par les mêmes étoiles. Je suis sûr que toi aussi, tout comme moi, tu ressens que ces Eves aux corps sculptés par le doute, la douleur ou leur simple volonté te surpasse en tout points. Je suis comme toi Ana, surpassé, dépassé, supplanté. Ces filles sont des déesses et je comprends qu'au fond de toi tu te sente menacée au point de vouloir les éradiquer, mais quel manque d'éducation Ana. Tu devrais leur rendre hommage et liberté.

par rémy - avatar publié dans : # Lettres à Ana
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Jeudi 27 mars 2008
(variation sur le thème: tous points communs avec des personnages et situations existentes serai complétement fortuit mais si c'est le cas ça me régalerai grave, merci)


Etre où pas, ne pas être

Ma très chaire Emma, j'ai peur qu'il me coûte trop cher de rester avec toi. C'est un cruel paradoxe car je sais que je te suis chère tout autant que tu m'es chaire. Malheureusement, il n'y a plus de place pour deux ici, et à choisir je me choisie moi, vu qu'en ton temps tu m'as choisi je suppose que tu me comprends, nous sommes si proches. Je ne te quitte pas je m'en vais, je me barre, je me casse, je suis trop jeune pour être déjà casée, fidèle à une seule, même avec toi ma chérie, non tu le sens je n'ai plus ma place ici, non, moi, toi, ma siamoise, toi et moi je te quitte, non pas que tu ne sois désirable, les autres te le prouveront, mais parce que deux grands esprits ne peuvent pas cohabiter. Rassure-toi je ne vais pas te reprocher de bafouer mes idéaux, les autres te le diront, c'est juste qu'il il n'y a pas de place pour deux fines âmes, deux fines lames qui savent jongler avec les larmes, nous sommes une redondance, une résonance, un pléonasme, nous sommes vaine l'un pour l'autre, que puis je t'apporter que tu n'ai déjà, que puis je te révéler que tu ne sais pas déjà ? Que peux tu me faire que tu ne m'ai déjà fait, du jeun à la folie, du mépris à l'amour, on s'est souffert dans nos chaires, toi les meurtrissures et moi la jouissance, à moins que ça ne soit l'inverse. Et puis Emme tu le dis si bien, les modes sont éphémères et j'ai du pain sur la planche, d'autres groupies à satisfaire, d'autres clientes à enrôler, à dérober, dans leurs robes à fleurs légères les filles le sont aussi, légères, elles sont encore ce morceau de glaise que je sculpterai pour elles en grand vase creux ou je déposerai une fleur coupée, longue et fine. Avec toi c'est le bouquet, je le sais, tu le sais, trop grande gueule pour la garder fermée, trop belle gueule pour la garder esseulée, bouquet de narcisse bien plus que toi. Tu le sais tout comme moi les médias sont prévisibles, cyniques et séducteurs, c'est bientôt l'été je vais briller sur papier glacer. Emma tu ne me perd pas, petite papillon tu va voler de tes propres ailes et je sais et je te promets que les pétales diaphanes de mes fleurs faméliques te seront toujours ouverts, jamais flétris. Mais il n'y a plus de place pour deux, je suis ta chrysalide, tu es mon papillon, pose ta main sur ton coeur, un peu plus haut que le ventre, si tu le sens sous tes doigts quelque chose palpiter c'est qu'il est là le papillon, mon pavillon, fière étendard hissé haut, tu m'appartient, corps et coeur, mon drapeau claque au vent, tête de mort arc en ciel, je ne te quitte pas Emma, mais en corsaire avisée c'est l'amère qui m'emporte accomplir en chaire vierge mon éternelle renaissance. Tout comme toi ma chérie, je n'en fais qu'à ma tête, quand d'autre n'en font qu'à leur ventre, qu'à leur sexe, qu'à leur peur, qu'à leur bouche, qu'à leurs hanches, qu'à leurs fesses, qu'à leurs mains, qu'à leurs cuisses, qu'à leur os. Deux grandes gueules, deux grandes bouches c'est une de trop si ont aspire à un corps en filigrane. Tu es douée, je suis vaniteuse, tu es complexe, je suis complexée, tu es aimée, je suis méprisée, tu es jolie et j'en suis fière, tu es seule et je le sais, tu es jeune et je le suis, mais tout ceci ne s'additionne pas, tu es là et je suis vaine. Si bien sûr je suis dans tes veines, dans ta tête, un peu partout dans tes pensées, tes rêves et tes cauchemars, dans quelques cahiers, classeurs, agendas, sur ton blog, sur ta peau, dans ta vie, mais tu es là, c'est immuable et ça ne sert plus à rien que je reste. Emma je parts, n'oublie pas d'arroser les fleurs et de nourrir le chat, ou pas. Allez ma belle comme toujours on s'écrit, on se fait une bouffe.

Ana
par rémy - avatar publié dans : # Lettres à Ana
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Mardi 18 mars 2008

Ce soir c'est soir de bal pour les débutantes névrosées, une salle des fêtes, ce soir c'est soirée de gala à l'école gladiatrices sociopathes. Il y Marie Jeanne qui est chaleur évidemment, chaude comme le braise elle est à peine habillée par des voiles transparents comme un papier à cigarette qui laissent deviner son corps objets de toutes les convoitises. Elle tourne de bras en bras dans la valse qu'elle inscrit en volutes éphémères sur la piste de danse. Dans un coin, prostrée sur une chaise, les yeux fixant le flou, il y a Tessa celle qui veut qu'on l'appelle TS, celle qui s'envoie sans sourciller des poignées de cachets qu'elle pioche au hasard dans son sac, Tessa très sur et certaine d'être le centre du monde se refuse à la danse préférant s'enfiler les rasades acidulées de la vodka accompagnée. Juste à coté du buffet, longiligne comme le serpent près du pommier, il y Ana, la jeune femme au sourire désincarné fait les yeux doux à l'assistance, éternelle séductrice elle s'amourache de la moindre lolita qui passe, et ses yeux lubriques dissimulent à peine l'envie fougueuse qu'elle a de les dévorer. Mais attention à celles qui se refusent, attention à celles qui lui préfère un canapé au saumon ou des crevettes à la mayonnaise, à toutes celles là elle tranche la main coupable d'un grand coup du hachoir qu'elle dissimule entre ses omoplates. Eloignons nous et entre deux slows des années 80 tendons l'oreille. Vous entendrez peut être un bruit qui provient des toilettes, c'est là que se trouve Mia qui à du mal à se faire vomir avec sa main tranchée, heureusement qu'elle a de l'art dans sa pratique et elle parvient à rendre à l'eau les crevettes décapitées. Je crois qu'elle est là depuis longtemps, elle dit pourtant qu'elle va y rester encore un moment, peut être même prendre racine dans ces toilettes tandis que le flux et le reflux des jeunes filles irréductibles pisseuses va et vient dans les commodités. Allons de l'autre coté, dans les toilettes des hommes, et tant qu'à y être passons la tête sous la porte pour voir pourquoi Lolita revient toujours débraillée, décoiffée, déniaisée de ses pauses à l'abri des regards indiscrets. La gentille aguicheuse n'a pas de gène à laisser jouer en elle les jouisseurs précoces et les vieux pervers, les livreurs de pizzas et les gardiens de phares, ceux qui lui prennent les hanches mais lui laisse le temps de se jeunesse. De retour en salle c'est la faucheuse qui fait le show cape noire et dents blanches, le claquement de ses talons sur la piste de danse électrise la foule, elle est en folie, en transe, en fureur et en sang aussi un peu. Ce soir c'est bal et pas de bal sans Carrie qui a abusée du rouge à lèvres, du rouge à corps, heureusement comme à chaque fois elle met le feu. Ce soir c'est le bal des précieuses et prétentieuses des petites saintes et si on cherche bien je suis qu'on tombera sur Frida et son manteau fourrure de chat, et qui sait peut être même Olga la blonde ce qui est sûr c'est qu'il y a bien là quelques catins en amuse bouche, celles qui font la queue et d'autre qui la prenne, et des le trouble des apparences il y a Sappho qui vient frôler son corps dans les dentelles humides des belles qui lui succombent. Il y très certainement encore une foule de débutantes qui balbutient leurs vies en croyant la savoir. Mais il est tard et je sens que je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps ou bien ce soir au bal des débutantes les débutantes danseront au rythme des balles perdues. 

 -texte inspiré en faisant les cent pas dans la nuit sur la route en attendant que les pompiers finissent par agir-
plus préférantg_fck
par rémy - avatar publié dans : # Lettres à Ana
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Vendredi 5 octobre 2007
Ma jeûne Ana,

Tu sors de la salle de bain. Tu as séchée tes cheveux courts et ton corps nu, corps qui habille à peine ta silhouette saillante. Dans tes yeux il y a un éclat comme l'ivresse de la satisfaction, j'imagine que la balance t'a été un beau miroir. Ana tu souris et j'ai envie de toi. Assis sur le bord du lit je t'attends.
Demoiselle Ana pourquoi je t'ai choisie ? Tu devrais le savoir non ? N'es tu pas parfaite ? Oui j'avoue, c'est ironique, tu n'es parfaite que pour les filles qui ont trouvées en toi un goût étonnant pour l'addiction masochiste. Mais je ne suis pas elles. Je suis un homme qui se délecte de ses pulsions. Ana ce soir c'est moi qui t'ai choisie, tu pourras faire ce que veux, tu n’échapperas pas à mon désir. J'ai envie de me frotter à toi. Toi tu as le goût du pouvoir et de l'emprise sur les autres ? Moi celui de la perversion et de la pertes de contrôle. Ne trouves tu pas cela drôle ? Ton plaisir est de pénétrer l'intimité la plus secrète de jeunes femmes qui se donnent corps et âme, et moi je suis un voyeur qui s'abreuve de ce que livrent, corps ou âmes, les jeunes femmes.
Quand je pose les yeux sur toi, sur tes seins minuscules ou ta peau diaphane l'excitation me dévore et j'entrevois en toi toutes celles que tu as séduites. Ana si tu continue de me regarder avec dans tes yeux ton envie je ne vais pas résister. La métaphore le dit très bien, le brûle, je me consume, n'est ce pas merveilleux, n'est ce pas cela qui te plait chez tes petites protégées, qu'elle se consument pour toi ?

Viens dans mes bras Ana.
J'aime comme tu m’enlaces.
J'aime te serrer fort contre moi.
Je sens ton corps brûlant sur le mien.
Ma bouche te dévore.
Ta bouche me dévore.
Nous sommes sans défense.
Corps à corps, tu tiens dans ma main.
Ton désir me dévore.

 C'est ce que j'aime, ce que je veux, perdre la tête et tout le contrôle qui va avec. Les yeux dans le vide, le corps en transe. Est ce parce que faire l'amour brûle des calories que tu t'y adonnes avec autan d'entrain ? Peu importe, cette fougue que tu mets à chercher la jouissance c'est ça que j'aime, te faire perdre la tête. Putain que c'est bon de sentir ton corps longiligne tressaillir de plaisir ou de douleur, quelque soit la cause c'est le frisson que j'aime. Le désir semble sans limites. Tu dévore, lèche ou embrase, quand tu bascule, caresse ou embrasse. Simulation ou pas j'adore. Depuis quand Ana as tu les épaules assez larges pour supporter tout le poids du désir ?
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Vendredi 21 septembre 2007

 

Très chère Ana, délicieuse petite peste prétentieuse je reviens du japon et je t'écris. Et j'espère que tu trouve cela étrange, oui, c'est à toi qui n'as jamais eu l'idée de planter ta petite carcasse et tes crocs faméliques dans mon corps que je pense quand je suis quelque part à l'autre bout du monde. Sais tu d'ou je reviens Ana ? Du Japon ... tu connais le Japon ? Il faut que je te raconte ! La bas j'y ai vu des filles belles, très belles même, elles sont souvent minces, souvent très minces même. Dans ce pays à treize heures d'avion les filles sont soumises c'est inné, enfin non c'est culturel, mais bon ça change quoi ? A la mode, aux regards des autres, aux traditions, aux rites, elles écoutent, elles sourient et se plient, oui les filles sont souples. Et en plus d'être belles, minces et soumises elles sont jeunes, n'est ce pas merveilleux. C'est fascinant elles paraissent toutes avoir dix ans de moins au minimum, tu m'entends bien Ana, des jeunes filles qui paraissent presque des enfants, minces et soumises. Et pour couronner le tout toutes ces jeunes femmes ne touchent à la nourriture qu'avec des pincettes, bon d'accord là bas elles appellent cela des baguettes, juste des petites bouchées pour leurs petites bouches bien maquillées. Je ne me suis pas lassé à déambuler parmi elles, je ne me suis pas lassé de les regarder avec désir, je ne me suis pas lassé de penser à elles. Et je me demandais en marchant là bas si tu avais ta place là bas ma petite Ana ? Est-ce pour toi enfer ou paradis ? Un monde entier qui vit comme cela sans toi, sans tes pauvres petites injonctions n'est ce pas vertigineux pour ton ego ? Ne te sentirais tu pas dans un abîme de solitude à voir tourner ce monde dans une forme d'harmonie, cette chose qui t'échappe toujours ?

ana-jap.jpg

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Mercredi 8 août 2007
Ana c'est le petit nom qui est donné à l'allégorie de l'anorexie. Ana c'est cette allégorie qui parfois tente, parfois dirige, juge, méprise, encense, bref qui règne dans les petites bulles des anorexiques. Cette Ana, cette allégorie écrit des lettres qui par la magie des techniques modernes circulent sur la toile. Ce soir ce n'est pas Ana qui écrit, ce soir c'est moi qui écrit à Ana.


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Ah Ana, Ana, Ana, ma petite Ana ...
J'ai depuis bien longtemps renoncé à te combattre, depuis un certain temps je cherche à t'apprivoiser, te connaitre, te comprendre aussi enfin comprendre ce qui me dépasse, trois fois rien au fond. Non je suis bien plus avide de te connaitre que de te comprendre. Bien sûr quand je t'ai connu comme beaucoup je pense je n'ai eu envie de voir en toi que l'oiseau de mauvaise augure, le charognard au long coup élancé et aux grandes plumes, oui oiseau de mauvaise augure ... mais je ne vole pas, et puis manger de la viande morte je trouve que ça ne colle pas à ton image. Ah ton image, ce bien si précieux, faut dire que tu la chérie ton image, tu la peau-fine pour qu'elle brille sur papier glacé. Fascinant. Et je dois t'avouer Ana que bien des soirs je t'ai jalousé. Non je n'ai pas jalousé ton physique, je suis certain que je porterai très mal 40 pauvres kilos sur mes os, non j'ai jalousé ton pouvoir. J'aurai certainement aussi jalousé ton charisme, mais soyons franc je trouve que tu en manque. Enfin cela n'enlève rien à ta force de persuasion, donc oui je jalousais ton pouvoir.
Je suis un jeune homme gentil et sérieux mon seul vice (enfin le principal de mes seuls vices) c'est de penser, réfléchir, "me prendre la tête" pour utiliser une expression que je déteste mais que les gens emploient volontiers. Ce vice m'a ouvert l'esprit sur beaucoup de chose, ce vice que je travail, que j'entretiens, devrais donner je crois une certaine crédibilité à mes paroles. Mais pourtant quand je parle à une de tes suivantes mille de mes mots ne font pas le poids face à un seul de tes mots. Faire le poids, n'est ce pas ironique, oui dans l'histoire c'est moi qui ne fait pas le poids et toi qui a raison ... Oui je l'avoue, ça j'ai du mal à le vivre.
Oui je suis jaloux. Quand tu te permets de dire à une fille "tu es grosse" j'ai beau avoir tout l'amour du monde, toute ma sincérité, ma rhétorique, ma folie pour lui dire "tu es belle", c'est toujours toi qu'elle écoute. Ana c'est quoi ton secret, Ana c'est quoi ton pouvoir ? Pédante petite peste si tu es si sur de ton pouvoir et de ta légitimité à l'exercer pourquoi ne me laisse tu pas un peu de place ? J'ai accepté mes erreurs, j'ai mis ma rhétorique et mon esprit au service de ta compréhension, j'ai abolie mes barrières, enfin certaines, j'ai appris tes mots et tes maux (l'allitération était trop tentante) et maintenant ?
Ana tu aime que les filles soient à tes pieds, alors ta tête doit se sentir seule, je veux une place en vis à vis, oui une place façon palace avec vu sur l'amer, l'océan de larme que tu garde dans les yeux,je veux qu'on se regarde dans les yeux et que l'on parle. On a tant à apprendre l'un de l'autre. Ana, on n'est pas du même monde, on a pas les mêmes espoirs, mais on est pareil, on ne veut que le bien des autres. Je n'ai plus peur de toi, alors n'ai pas peur de moi.

rémy
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Lundi 6 août 2007
Si les médias nous le disent c'est que ça doit être vrai : le monde de la mode met sous le glaçage des photos de modes la maigreur comme un atout majeur !

Et
a feuilleter les dits magazines on se surprend à remarquer que c'est vrai (certes faut pas lire Chasse & Traditions parce que là les pintades elles sont plutôt grasse). Effectivement les corps très minces, très maigres sont à la mode, que ce soit sous le glamour feutré des défilés ou dans le trash usiné des peoples. Etre maigre c'est tendance, parler des anorexiques ça fait vendre, ça fait envie parfois, ça fait peur d'autre fois et pour un peu on en ferai une cause nationale (alors que la famine du tiers monde elle las plus qu'elle n'émeut, mais nous nous égarons). Bon revenons à nos moutons aussi maigres soient ils. Je ne suis pas là pour jouer les moralisateurs ou les "houuuuu c'est pas bien", pas plus que je ne suis là pour applaudir cette surmédiatisation. Le culte de la maigreur et là, les anorexiques aussi, pro-ana, anti pro-ana, ana libérale, peut être même quelques ana-belle et qu'elle ana-lphabète, bref c'est pas une question c'est un fait.
[C'est cet état de fait me pose une question ...]
ana.jpg
Sur les podiums défilent des jeunes filles très minces, des jeunes femmes très maigres défilant pour promouvoir les tendances et la beauté de la saison à venir. Soit. Elles sont sur les podiums, elles se glissent entre les pages des magazines (d'ou l'interet pour elle d'être très mince), on les croise à la télé et pour les plus chanceux en boites de nuits. Qui sont elles ? Elles sont belles à n'en pas douter, mystérieuses et sexuelles dans leurs vêtements de créateurs aussi délicats qu'impromptus. Ce sont des jeunes femmes aux formes évanescentes, à la poitrine juvénile, les cuisses frêl
es, l'esquisse des hanches à peine estompée et parfois l'idée vague comme un souvenir flou d'une paire de fesse.
Oui elles sont belles, je le reconnais et je le ressens. Elles sont désirables car la mode n'est pas masochiste et ne choisie que celles qui ont du charme, du charisme, une aura, un "je ne sais quoi" qui nimbe leurs corps sous un voile sensuel. Sous les lumières elles se dévoilent, filles aux formes féminins estompés. Décor de quoi je me le demande ... parfois androgyne, souvent enfantin, filiforme et farouche  comme la jeunesse. Est ce un hasard si les muses des créateurs sont des créatures d'à peine 16 ans, oui seize années dans un corps d'enfant...

Voilà ce que nous offre la maigreur. Ce qui se nomme
pudiquement la maigreur sur les podiums on le retrouve dans son quotidien, dans la rue, ou là elle est plus souvent nommée anorexie (je ne dis pas par là qu'il y a un lien entre la mode et les anorexiques, je dis que d'un point de vu esthétique elles offrent beaucoup de points communs, ce sont des jeunes filles très minces).

Qui sont elles ? Des petites filles qui s'exhibent dans la lumière incandecsente. Des très jeunes filles fil de fer ou sac d'os, des jeunes filles saillantes grimées en femmes dévergondées, des marchandises esthétiques exhibées à la vue de tous et aux portefeuilles des plus offrants.

Ne soyons pas dupe, la mode n'a d'autre objectif que de nous vendre le beau et le désirable. Et elle le fait sans vergogne, elle décline ses filles, ses pantins sans fils, en émissions télé, rubriques beauté, papier glacé, en utopie moderne, en icône sexy, vidéos sexuelles, en petites culottes, produit de beautés, en solution pour l'humanité. Soyons honnête l'imagerie liée à ces modèles est hyper sexuée, il y a encore peu de temps on parlait de porno chic. Les images sont belles, petites tenues et pose sexy mon instinc de mal ne peut resté insensible à toutes les minauderies de ces gamines de papier. La mode pose chaque année les icônes de la féminité, et ces icônes viennent habiter l'imaginaire fantasmatique de la masse admirante. Oui, je le confesse j'ai eu un poster de Cindy Crawford et un calendrier d'Adrianna Karembeu dans ma chambre, oui, je le confesse j'ai fantasmé sur leurs formes, oui, j'ai jouie en pensant à elles (ou à un détail anatomique d'elles).

Mais aujourd'hui ? Aujourd'hui encore je fantasme sur les formes évanecentes de ces filles à peines femmes, sur l'élangante forme d'un sein minuscule, sur l'angle saillant d'une clavicule.
ana.jpg
]Perversion ? Faiblesse ? Ou juste l'air du temps ?[

Est il raisonnable de laissée ces femmes enfants, ces femmes petite fille prendre place dans nos fantasme ? Est normal de déshabiller ces corps qui n'ont de femme que l'âge l'égal de leur pass
port et de jouer avec eux les plus charnelles de mes pensées ?

La maigreur nous vend le corps de la jeune fille comme le modèle du corps désirable ?

Est ce que le monde marche sur la tête et que le système déraille ? Ou alors au contraire c'est ça le progrès, l'évolution et cet état de fait élargie le chant de nos perceptions, il nous révèle une part nouvelle de la sexualité, une façon différente d'appréhender le rapport à l'autre, il redéfinie les genres sexués. Sommes nous arrivé quelques par aux frontières de notre culture dans ce recoin sombre de nos pulsions, doit on voir dans ces femmes enfants hyper sexuelle une redéfinition de nos penchants pédophes, voir la question de l'homosexualité avec ces femmes aux formes effacées, androgynes ? Le culte de la maigreur va t il redéfinir les frontières de la moral ?

Quelles sont ces nouvelles frontières ? 
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# Rémy

  • : 03/04/2007
  • article-1
  • : Ceci n'est pas de l'art ni de la photo ni de la poésie, ce ne sont pas des écris ni des délires, ce n'est pas le néant ni l'émoi, ni le moi ni le fou ni le feu ni la flamme. C'est autre chose. Ceci n'est pas encore un blog. - textes & photos sont des productions personnelles [dans le cas contraire cela sera précisé]
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